Mort emma bovary détaillé

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  • Publié le : 26 avril 2009
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Lecture troisième : la mort solitaire du père : pp.237-238 (pp.480-484) « Aucune répondit le vieillard en se dressant sur son séant. » à « Et me voilà à la porte de mes filles. »

La mort du père Goriot est la conclusion logique de toute l’action qui conduit le personnage de l’amour passionné, à la dépossession de soi, à l’expérience de l’ingratitude jusqu’à la mort misérable et solitaire.Goriot passe de l’état de celui qui compte car il a la fortune à l’abandon le plus total, au mépris de tous.
1)Précédant la mort, un instant de lucidité saisit Goriot, il atteint une connaissance en profondeur de tout son parcours. 2) L’argent, la richesse sont l’équivalent de l’énergie vitale qui l’a progressivement abandonné jusqu’au dénuement et à la mort. 3) Même dans l’agonie solitaire il restel’amant passionné de ses filles dont il attend encore et malgré tout, la visite.

1)La lucidité du mourant :
a)Connaissance et savoir prennent une place essentielle dans l’agonie du père. Il semble être parvenu à un moment de lucidité qui éclaire sa vie entière. Une légende veut qu’au moment de la mort, l’agonisant saisisse en un court instant le contenu de toute sa vie. C’est ce qui arrive àGoriot, il parvient à une vision claire de ce que sont devenues ses filles et de ce qu’il est devenu pour elles. « Je le savais », « Il faut mourir pour savoir ce que c’est que des enfants » Le vocabulaire de la connaissance se développe conjointement avec celui de la mort : « Je sais cela depuis dix ans. » La vie apparaît comme une illusion volontaire, un aveuglement. Goriot avait sous les yeuxl’échec et le naufrage qu’il est en train de connaître, mais il ne voulait pas y croire : « Je me le disais quelquefois, mais je n’osais pas y croire. » La vie est une recherche de cette connaissance que n’apporte que la mort : « J’aurais voulu tout savoir, mais ce que j’ai bien su, c’est que j’étais de trop sur terre. »
b)Sa vie durant Goriot faisait des affaires uniquement dans l’idée de réunirune fortune à ses filles, maintenant qu’il va mourir ce sont ses filles « qui ont des affaires », mais ces affaires sont l’indifférence qu’elles ont pour leur père : «  elles dorment ». « Un fils est un créancier donné par la nature » fait dire Stendhal au père de Lucien Leuwen dans le roman éponyme, Goriot a été plus qu’un banquier pour ses filles. Un banquier ne se ruine pour ses clients, lemarchand de farine a tout donné, il s’est ruiné pour Anastasie et Delphine, il arrive à la claire connaissance que seule sa richesse les attachait à lui : « Ah ! si j’étais riche, si j’avais gardé ma fortune, si je ne la leur avais pas donnée, elles seraient là, elles me lècheraient les joues de leurs baisers ! » La formule lucide auquel parvient sa connaissance en ces quelques mots : « L’argent donnetout même des filles »
c)La contre formule de la précédente, la réciproque est que seul le miséreux est certain de l’amour qu’on lui porte, celui des filles Goriot était faux. Seul celui qui n’a rien connaît la nature des sentiments que lui porte son entourage : « Au moins quand un malheureux est aimé, il est bien sûr qu’on l’aime » Il a voulu acheter l’amour de ses filles, il n’en a eu que pourson argent, comme des prostitués, filles et gendre n’ont rendu en affection et considération fausse qu’au pro rata de ce qu’il leur donnait : « Je venais de leur donner à chacune près de huit cent mille francs, elles ne pouvaient pas, ni leurs maris non plus, être rudes avec moi. L’on me recevait : « Mon bon père, par-ci ; mon cher père, par-là. » (…) Enfin je dînais avec leurs maris, qui metraitaient avec considération. » Goriot voit clairement la vénalité de ceux à qui il a tout sacrifié : « Et l’on était aux petits soins, mais c’était pour mon argent. » Sa capacité d’être aimé, sa force résidait tout entière dans sa fortune. Il est arrivé au point où il ne lui reste plus aucun moyen d’acheter une quelconque considération.

2)L’argent expression de l’énergie vitale :
a)La science...