Mythe de sisyphe

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  • Publié le : 23 mai 2010
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PEUT-ON IMAGINER SISYPHE HEUREUX ?

Le monde absurde. Le fait de se lever tous les matins pour les mêmes raisons sans but : manger, travailler, dormir, et de se rendre un jour compte que l’on fait tout cela pour arriver à notre fin. En effet, le sentiment de l’absurde peut parvenir du caractère marginal de l’existence humaine. D’ailleurs, selon Le mythe de Sisyphe d’Albert Camus, Sisypheest le héro par excellence de ce monde absurde que par ses passions et ses tourments puisque tout son être est condamné à ne rien achever. Mais la question que plusieurs peuvent se poser est la suivante : peut-on vraiment imaginer Sisyphe heureux ? D’après les écrits de Camus, je crois que nous pouvons affirmer que Sisyphe est bel et bien heureux dans son malheur. Je tenterai de défendre cetteaffirmation en expliquant le mythe à travers les interrogations et les affirmations d’Albert Camus suite à la lecture de son livre.

Tout d’abord, Sisyphe est condamné à faire rouler un rocher au sommet d’une montagne pour l’éternité. Le fait est que la pierre déboule sans cesse que par son propre poids au bas de la colline, d’où le supplice qu’il doit recommencer ce même travail sans arrêt,jour après jour, année après année. Si on commence par s’intéresser à la psychologie du personnage mythique au moment où ce dernier redescend la colline pour aller chercher son rocher et recommencer de nouveau, il est évident, selon Camus, que l’on peut affirmer que Sisyphe est heureux s’il ne prend pas conscience de sa situation. Si l’on perçoit ce mythe comme étant une tragédie, c’est que sonhéros est conscient de sa condition. Par exemple, dans L’Œdipe de Sophocle, Œdipe essaie de fuir son destin, mais cela ne fait qu’en sorte qu’il l’accomplira sans le savoir. C’est particulièrement lorsqu’il le sait que sa tragédie commence. Le mythe de Sisyphe, quant à lui, devient tragique qu’au moment de sa descente, c’est-à-dire au moment de ses questionnements, puisque, après avoir accomplie ladouloureuse tâche d’amener le rocher au sommet de la montagne, après avoir réussi ce défi, il se rend bien compte de toute l’étendue de sa misérable condition. « Vivre une expérience, un destin, c'est l'accepter pleinement. Or on ne vivra pas ce destin, le sachant absurde, si on ne fait pas tout pour maintenir devant soi cet absurde mis à jour par la conscience. Vivre, c'est faire vivre l'absurde.Le faire vivre, c'est avant tout le regarder.» nous dit Camus. Cette citation explique bien la situation vécue par Sisyphe dans le mythe. Étant condamné éternellement à faire rouler un rocher le haut d’une montagne, il doit pouvoir accepter ce destin absurde et tâcher d’être conscient du fait qu’il a créé lui-même son destin, il devient lui-même son destin, suite aux actions qu’il a fait pouravoir mérité ce châtiment. D’ailleurs, selon Albert Camus, la joie de Sisyphe se retrouve là. Son bonheur découle du fait que son destin lui appartient. Du moment où il a un destin personnel, il se sait maître des ses jours. Donnant ainsi à Sisyphe la mention de «l’homme absurde», ce-dernier vit seulement avec ce qu'il sait, c'est-à-dire avec la conscience de l'affrontement sans espoir entre sonesprit et son monde.

De plus, Sisyphe trouve son bonheur dans l’accomplissement de la tâche qu’il entreprend et non dans sa signification. «La lutte elle-même vers les sommets suffit à remplir le cœur d’un homme» cite Albert Camus. Étant donné qu’il obéit à son destin, Sisyphe parvient à éprouver de la joie dans le fait qu’il réussit à amener jour après jour son rocher jusqu’au sommet de lamontagne, il atteint son objectif après un effort surhumain. D’ailleurs, si on regarde bien la situation de Sisyphe, on se rend compte bien vite qu’elle est finalement similaire à la condition de la vie humaine moderne. Il suffit d’observer les activités répétitives, incessantes de la vie, sans d’autre but que de pouvoir recommencer le lendemain, encore et encore. C’est là, la théorie de...
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