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  • Publié le : 5 juin 2011
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Audit: L’onde de choc de Bruxelles

. Changement radical des règles d’indépendance en mars 2011. Les filiales des sociétés européennes, y compris au Maroc, concernées L’heure de la remise en question, voire des déchirements, a sonné pour le petit monde de l’audit. La sécousse arrive de Bruxelles. Dans un livre vert qu’elle vient de publier (prélude à une directive), la Commissionpose la question qui fâche: comment se fait-il que les commissaires aux comptes ne se soient pas aperçus‡ du moindre indice de la crise qui a foudroyé le système financier international? Pour Bruxelles, c’est bien la question de l’indépendance des professionnels qui certifient les comptes des entreprises qui est en cause. Mais également, celle du modèle de la régulation de la profession. Lapratique très courante au Maroc, qui consiste à intervenir chez le même client avec une double casquette d’auditeur et de conseil (même à travers deux filiales différentes) ne passera plus. Cela équivaut à se mettre en marge des règles d’incompatibilité, estime la Commission. Selon le projet de Bruxelles, il ne sera plus possible qu’un cabinet signe un bail à l’infini auprès du même client dont il auditeles comptes. Il n’est pas en effet rare de voir des sociétés d’audit installées chez la même entreprise depuis plus d’une dizaine d’années. Trop forte concentration du marché
Le texte de Bruxelles va au-delà de la rotation des auditeurs, il rend obligatoire la rotation des cabinets de commissariat aux comptes, explique Mohamed El Jirari, associé-gérant chez Audit & Conseil, affilié au réseauAudecia. Il s’agit donc d’injecter plus de concurrence et de compétition sur le marché de l’audit. Très clairement, ce sont les grands réseaux mondiaux qui sont visés. Comme un peu partout en Europe, les « big four» (PriceWaterhouseCoopers, KPMG, Deloitte et Ernst & Young) trustent 80% du marché au Maroc. Et 7 experts-comptables sur 10 n’ont qu’un ou pas du tout, de mandat de commissariat auxcomptes, complète le président du Conseil national de l’Ordre des experts-comptables, Abdellatif Bernossi.Par ailleurs, à court terme, le schéma d’autorégulation chez les commissaires aux comptes marocains est condamné, sauf à se mettre hors-jeu. La directive européenne est annoncée pour le premier trimestre 2011. Pour les professionnels de l’audit légal qui, au Maroc, est un monopole des expertscomptables, c’est l’heure des interrogations, car les nouvelles règles seront applicables aux sociétés européennes, mais aussi, à l’ensemble de leurs filiales où qu’elles se trouvent dans le monde. Dans les faits, cela signifie que l’auditeur dont le profil ne sera pas conforme aux exigences de la «prophylaxie» contenues dans la directive européenne ne pourra pas prétendre assurer le commissariat auxcomptes dans les filiales des sociétés européennes. Et s’écarter donc du marché.La course contre la montre est donc lancée. Sur la rotation des auditeurs, le Conseil national de l’Odre des experts-comptables a pris le devant en adoptant deux grandes décisions qui s’appliquent aux entités faisant appel public à l’épargne dès le mois de mars 2011, revèle son président. Le premier palier de l’obligationde rotation concerne les auditeurs. Dorénavant, le changement de signature du contrôleur des comptes sera obligatoire, et cela pour être en phase avec les pratiques internationales. Mais le projet de circulaire de l’Ordre des experts comptables n’en précise pas encore les modalités. Selon les indiscrétions qui circulent dans la profession, on s’achemine vers une rotation obligatoire des auditeursau terme des deux mandats (soit 6 ans) et celle des cabinets n’interviendrait qu’au bout de quatre, soit 12 ans chez la même société. Sur le point concernant la régulation, l’abandon du modèle de contrôle par les pairs, et la création d’une structure de supervision des auditeurs n’est plus un tabou chez les professionnels marocains. Même si les instances de l’Ordre s’en défendent, il a fallu...
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