Nana de zola.

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  • Publié le : 6 avril 2011
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Nana grandissait, devenait garce. À quinze ans, elle avait poussé comme un veau, très blanche de chair, très grasse, si dodue même qu’on aurait dit une pelote. Oui, c’était ça, quinze ans, toutes sesdents et pas de corset. Une vraie frimousse de margot, trempée dans du lait, une peau veloutée de pêche, un nez drôle, un bec rose, des quinquets luisants auxquels les hommes avaient envie d’allumerleur pipe. Son tas de cheveux blonds, couleur d’avoine fraîche, semblait lui avoir jeté de la poudre d’or sur les tempes, des taches de rousseur, qui lui mettaient là une couronne de soleil. Ah ! unejolie pépée, comme disaient les Lorilleux, une morveuse qu’on aurait encore dû moucher et dont les grosses épaules avaient les rondeurs pleines, l’odeur mûre d’une femme faite.

Maintenant, Nana nefourrait plus des boules de papier dans son corsage. Des nichons lui étaient venus, une paire de nichons de satin blanc tout neufs. Et ça ne l’embarrassait guère, elle aurait voulu en avoir plein lesbars, elle rêvait des tétais de nounou, tant la jeunesse est gourmande et inconsidérée. Ce qui la rendait surtout friande, c’était une vilaine habitude qu’elle avait prise de sortir un petit bout desa langue entre ses quenottes blanches. Sans doute, en se regardant dans les glaces, elle s’était trouvée gentille ainsi. Alors, tout le long de la journée, pour faire la belle, elle tirait la langue.— Cache donc ta menteuse ! lui criait sa mère.

Et il fallait souvent que Coupeau s’en mêlât, tapant du poing, gueulant avec des jurons :

— Veux-tu bien rentrer ton chiffon rouge !

Nana semontrait très coquette. Elle ne se lavait pas toujours les pieds, mais elle prenait ses bottines si étroites, qu’elle souffrait le martyre dans la prison de Saint-Crépin ; et si on l’interrogeait, enla voyant devenir violette, elle répondait qu’elle avait des coliques, pour ne pas confesser sa coquetterie. Quand le pain manquait à la maison, il lui était difficile de se pomponner. Alors, elle...
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