Nana

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  • Publié le : 9 mai 2011
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INTRODUCTION
Paru en 1880, Nana est le neuvième roman de la série des Rougon-Macquart. Zola fait apparaître Nana dans L'Assommoir où, déjà marquée par la sensualité et le vice, elle plaît aux hommes. Elle représente le type classique de la fille perdue : Nana est une actrice enrichie grâce à ses amants fortunés. Au chapitre 11 du roman, Nana, déjà en pleine gloire, assiste à une course hippiquepour se montrer plus que pour apprécier la performance sportive de la pouliche qui porte son nom. La scène pourtant est digne d'être contemplée : le mouvement s'imprime d'abord à la course elle-même puis à la foule entière. Mais ce spectacle se charge immédiatement de valeurs symboliques, notamment par le jeu des images proprement épiques.
Partie 1
Nous assistons ici au Grand Prix de Paris du 8juin 1879. Le romancier naturaliste qui s'était essayé à ce genre de chronique journalistique en 1876, veille à utiliser le vocabulaire des courses : le jockey de petite taille (" vieil enfant desséché ", pourvu d'"étriers" et d'une "cravache", " jette Nana au poteau, battant Spirit d'une longueur de tête ". Le cadre est bien celui d'un champ de courses : on retrouve " la piste, l'enceinte dupesage " et " les tribunes "

Les noms propres (le " Bois ", " le mont Valérien ", " Longchamp " et " Boulogne ") tracent un périmètre plus vaste à la scène. Puis des lieux indéterminés élargissent encore l'angle de vision : " allées lointaines ", " sous les arbres ".

C'est le regard qui est d'abord sollicité : " On vit alors une chose superbe ". Le verbe, neutre, prend un sens grandiose avecl'adjectif "superbe". La brièveté de la phrase et l'indétermination de " chose " laissent attendre les détails de cette vision. L'indéfini " on " renvoie à tous les participants : spectateurs, narrateur et juge, " l'œil à la mire ". Le couple du jockey et de son cheval aux " yeux sanglants " est sous le regard attentif de la foule qui elle-même deviendra spectacle de délire dans la seconde partie dutexte.

A la profusion des éléments visuels s'ajoutent deux types de notations auditives : une clameur vague, puis des exclamations. La première phrase du texte est parallèle à celle qui ouvre le second paragraphe: " Ce fut comme la clameur montant d'une marée ". Nous y trouvons la même indétermination (" ce ", " comme une clameur "), le passé simple d'action ponctuelle, et l'attente de détails. Il ya même anticipation du cri sur la victoire : " une immense acclamation retentit " ; la raison de cet enthousiasme (la victoire de Price et Nana) n'est donnée qu'après. Trois termes dénotent ce déferlement auditif : " acclamation ", " clameur " (que l'étymologie rapproche du terme précédent) et enfin " cri " qui est l'expression la plus élémentaire d'une émotion.

Le texte est ponctué par le nom deNana et l'élan de chauvinisme qui en découle. Nana, la France et l'Angleterre sont associées au centre du second paragraphe. Mais l'acclamation par la foule du nom de Nana encadre ce paragraphe, selon une structure en chiasme : " Ce fut comme la clameur... Nana ! Nana ! Nana ! " " Nana, Nana, Nana... Le cri montait ".

Entre ces deux mentions, s'élabore une série de mouvements effrénés. Le textesuit une chronologie très rapide. À un passé simple (" vit ") succèdent des imparfaits qui donnent l'impression d'un mouvement continu. Le procédé se reproduit dans le second paragraphe, où les imparfaits permettent de transcrire des actions simultanées.

La course est narrée en un rapide fragment de phrase ternaire : " Tout le train passa avec un roulement de foudre, coupant les respirations,balayant l'air ". La seconde partie du passage décrit les réactions fébriles de la foule au moyen d'une accumulation verbale. Zola procède d'abord par redoublement de verbes de mouvement: "roulait, grandissait"; "sautaient, tournaient " ; " s'enflait, recommençait ". Il joue sur la valeur d'action en cours de réalisation des participes présents : " coupant les respirations, balayant l'air " ; "...
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