Nationnalisme 1815-1870

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  • Publié le : 17 novembre 2011
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Le nationalisme en France comme idée que ce pays est une nation et non pas un royaume, est né à la fin du xviiie siècle dans la bourgeoisie, sous la plume des philosophes des Lumières. Bien que cette idée ait muri durant le xixe siècle, la France ne devint vraiment une nation qu'en 1871, à l'avènement de la Troisième République.

Le nationalisme en France comme mouvement politique entrant enjeu dans le système démocratique français, est né en 1870, à l'avènement de la troisième république. À cette époque tous les partis manifestaient ostensiblement des idées nationalistes et anti-allemandes : la Prusse venait de gagner une guerre et avait pris l'Alsace-Lorraine. La version actuelle de l'idéologie nationaliste se mis en place à partir de l'affaire Dreyfus en se teintant de xénophobie etde racisme, elle devint alors d'extrême droite.

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Les mouvements nationalistes au xixe siècle : du « nationalisme ouvert » au « nationalisme fermé »

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Toile de fond du boulangisme, le nationalisme français et la volonté de revanche sur la Prusse (fête nationale Rue Saint-Denis (Paris), par Claude Monet, 1878).

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Au xixe siècle, les mouvements nationalistes sontliés à la gauche et au mouvement républicain1. Le nationalisme participe alors de l'idée d'autodéterminationdes peuples et des émancipations nationales dans toutes les révolutions démocratiques, anticoloniales et anti-impérialistes de l'Europe, qui mettent progressivement fin aux frontières issues du Congrès de Vienne (1815), et des Amériques (succession d'indépendances nationales)1.

Avecl'instauration de la Troisième République, des lois Jules Ferry sur l'école obligatoire et de la conscription, l'usage du français comme langue commune se répand tandis que les brassages entre populations issues de différentes régions de France se multiplient. Après la défaite de Sedan (1870), le nationalisme devient ainsi, en partie, la politique officielle de l'État français, qui réussit à imposer lesmêmes lois, les mêmes règlements, la même langue, la même culture à un ensemble de populations différentes. Dans le même temps, la République commence à promouvoir, en particulier au début du xxe siècle, son empire colonial. Érigé en critère essentiel de la citoyenneté par Ernest Renan, le « sentiment d'être français » (ce que l'historien Benedict Andersonappelle la « communauté imaginée ») est larésultante, plus que mitigée en ce qui concerne l'empire colonial, de cette politique de longue haleine. En France, c'est l'État qui a accouché de la Nation.

Encore en 1870-1871, c'est la gauche républicaine et sociale qui défend le patriotisme français et refuse de baisser les armes devant l'envahisseur allemand.Gambetta le républicain, comme la Commune sont animés par cet engouement patriotique.Puis, lors de la crise boulangiste et de l'affaire Dreyfus, les républicains se divisent et le nationalisme passe à droite. Le revanchisme, cependant, demeure commun à la droite et la gauche, animant en particulier ceux qui critiquent alors (à gauche et à droite) le colonialisme, considéré comme une diversion par rapport à la « ligne bleue des Vosges » (Clemenceau).

Le nationalisme, favorisépar le régime républicain, devient alors une revendication d'extrême-droite, liée à l'antisémitisme (Edouard Drumont, La France juive, 1886), à l'antiparlementarisme et à la critique de la « Gueuse » (la République). La droite nationaliste prétend alors dépasser les clivages idéologiques nés de la Révolution, tandis qu'elle dénonce les « quatre États confédérés : Juif, Protestant, Maçon, Métèque »(Charles Maurras).

Le terme de « cosmopolitisme », jusqu'ici valorisé et lié aux Lumières et à la notion de « citoyen du monde », change de sens dans les années 18802. Il devient synonyme de menace pour la cohésion de la nation, étant rattaché en particulier aux juifs : « le Juif cosmopolite est, par nature, ennemi des patries »3. Le thème antisémite et xénophobe du « cosmopolite sans...
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