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  • Publié le : 31 mai 2010
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En 2000, l’ENVEFF (Enquête nationale sur les violences envers les femmes en France) a mené une enquête statistique auprès d’un échantillon représentatif de 6970 femmes âgées de 20 à 59ans. Elle a permis de mesurer la gravité des faits. Le bilan est effarant, près d’une femme sur 10 a déclaré avoir déjà été victime de violence conjugale.
En 2006, l’étude nationale des décès au sein du couplefaisait état d’une femme tuée tous les 3 jours par son partenaire. Dans 38% des cas, les faits sont commis lors de la séparation et perpétrés le plus souvent dans des couples où l’un, voire les deux partenaires, ne travaillent pas ou plus.

I/ ANALYSE DE LA VIOLENCE AU SEIN DU COUPLE
1. Les cycles de la violence
La violence au sein du couple se développe à travers des cycles dontl’intensité et la fréquence augmentent avec le temps.
Les périodes d’escalade et les phases d’explosion de la violence se succèdent, entrecoupées de périodes de rémission durant lesquelles le conjoint minimise les faits, justifie son comportement et promet de ne plus recommencer. Le couple entame donc une période dite de « lune de miel » qui encourage la femme à poursuivre ou reprendre la vie commune.
Plusle cycle se répète, plus l’emprise sur la victime est forte et plus ces « lunes de miel » sont courtes.
La femme se trouve quotidiennement exposée aux agressions. Elle se juge souvent responsable de cette violence, elle culpabilise et il lui devient de plus en plus difficile de s’en dégager.

1. L’escalade de la violence
Chez certains couples, la violence en reste toujours aux premierspaliers. Cependant, dans la majorité des cas, la violence s’aggrave avec le temps. Cette escalade peut être rapide ou prendre des mois et/ou des années.

2. Les victimes de violences conjugales
Il n’existe pas de portrait type de femme victime de ce genre de violence. Les plus jeunes âgées de 20 à 24ans sont environ deux fois plus concernées que leurs ainées.
Même si les chômeuses et lesfemmes allocataires du RMI en sont le plus souvent victimes que celles qui exercent une activité professionnelle, les violences conjugales touchent tous les milieux sociaux.
Selon une enquête réalisée par IPSOS, 11% des ouvrières disent connaitre ou avoir connu des violences physiques ou sexuelles, 11% des employées disent de même et 8% des cadres aussi.
Enfin si le niveau de revenu est aussiun facteur clivant, il n’en reste pas moins vrai que 7% femmes ayant les plus hautes tranches de revenus se disent aussi concernées.
Les femmes, qui dans leur enfance, ont enduré des sévices et des coups, présentent une plus grande vulnérabilité face aux violences physiques et aux violences sexuelles de leur conjoint.

3. Les auteurs de violences conjugales

L’homme qui a recourt à laviolence au sein de son couple trouve dans son usage un mode d’emprise et de contrôle de la vie familiale et de sa compagne.
Ces hommes sont susceptibles d’appartenir à toute catégorie socioprofessionnelle.
On sait cependant que certains hommes sont plus enclins à la violence :
* Les hommes autoritaires, impulsifs capables d'actes agressifs irrationnels, ou encore des hommes à lapersonnalité perturbée ayant une piètre estime d'eux-mêmes et un besoin de compensations narcissiques.
* Les hommes victimes de violences ou d'abus sexuels dans leur enfance qui reproduisent à l'âge adulte ce qu'ils ont subi.
* Les psychopathes, paranoïaques et autres pervers dont on ignore la proportion, mais qui représenteraient 15 à 25 % des hommes violents.
* Les migrants qui arrivent de paysoù les coutumes sont différentes et où les femmes ne bénéficient pas du même statut que dans les pays européens.
* Les alcooliques qui représentent 85 à 95 % des cas dans toutes les statistiques. La consommation d'alcool facilite les agressions, les passages à l'acte.
Quelle que soit la personnalité de l'agresseur, certains facteurs sont reconnus comme déclenchant : la jalousie, la...
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