Nels anderson les hobos

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  • Publié le : 18 novembre 2011
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Dr Nels Anderson (1889-1986) fut de longue date un membre du corps professoral du Département de sociologie de l'Université du Nouveau-Brunswick (1965-1977). « Ethnologue indigène », Anderson occupa une position assez originale dans l’Ecole de Chicago. Sa première publication, Le Hobo, sociologie du sans abris est son unique contribution dans le domaine de la sociologie, et plus exactement dansl’œuvre de l’Ecole de Chicago. Publiée en 1923, cette monographie a été écrite pendant ce que l’on a appelé la « grande époque » de cette Ecole, de 1915 à 1935, lorsque Robert Park était directeur du département de sociologie de l’université. Cet ouvrage monographique s’inscrit dans la tradition sociologique de l’école de Chicago, et en demeure un des grands classiques.
Ayant été lui mêmehobo et s’étant élevé socialement, Anderson nous livre un portrait précis de ce mode de vie nomade. Au cœur même de sa recherche, Nels Anderson analysa des situations qu’il a lui-même vécu (difficultés financière, organisation sociale, mode de vie..), en ce sens son approche fait preuve d’une certaine subjectivité. Son propre parcours de vie constitue pour lui un atout dans la rédaction de sonouvrage.
Dans l’extrait autobiographique qui nous est proposé ici, l’auteur, à travers le parcours de son père puis sa propre histoire, nous dresse un profil type du hobo. Ainsi, nous étudierons dans une première partie, la manière dont le père de Nels Anderson est devenu hobo, puis dans une deuxième partie la manière dont Nels Anderson s’est lui même socialisé à ce mode de vie ; puis dans unedernière partie, nous étudierons la manière avec laquelle l’auteur est venu à définir son propre mode de vie dans un ouvrage de sociologie.

En effet, le père de Nels Anderson était lui-même hobo, c’est-à-dire considéré par les sociologues comme un sans-abri. Après avoir passé son enfance en Suède et quelque année en Allemagne, il émigre vers les Etats-Unis où il devient un véritabletravailleur hobo : ouvrier agricole, mineur, bûcheron,… En quête de déplacement et sans aucune envie de se fixer, il cumule « des petits boulots » en passant de l’Ouest des Etats-Unis jusqu’à Deadwood, le Michigan, l’Idaho ou encore Chicago. A travers ces éléments, Anderson nous fournit déjà les premières caractéristiques de ce mode de vie hobo.
De travail en travail, de déplacements endéplacements, le hobo subit le processus d’américanisation de cette époque. Selon l’auteur la catégorie d’ouvriers que représentent les hobos est le fruit du désordre provoqué aux Etats-Unis par l'industrialisation, l'urbanisation du début du 20ème siècle et la dépression de 1929. Répartie géographiquement entre l’Ouest des Etats-Unis et Chicago, cette population fortement masculine est venue migrée enAmérique dans l’espoir de trouver une terre pour y prendre racine.
En quête éternelle d’aventure, le travailleur hobo éprouve beaucoup de difficulté à se fixer dans une région. Comme le montre Anderson avec l’exemple de sa famille il écrit p.24 « Pendant les seize années qui s’étaient écoulées depuis son mariage, elle avait par dix fois fait les valises et déménagé.. ». C’est en partie par l’influence dece mode de vie familiale qu’Anderson finit lui-même par devenir hobo. Bien que son père finisse enfin par s’installer définitivement dans une ferme du Michigan, Anderson montre que cet engouement pour le voyage est une caractéristique essentielle du hobo. Il écrit au sujet de son père p.24 « A sa façon, il voyait la route comme le lieu de l’aventure ». Quand il mit fin à ses voyages, le rêve deson père fut d’installer ses neufs enfants dans une ferme. Néanmoins, deux seulement devinrent fermiers et tous finir par subvenir à leur besoin. Dans cette première partie Nels Anderson montre que ce mode de vie familial plutôt précaire ne les a pas fragilisés sur le plan psychologique « Aucun membre de ma famille toutefois n’est jamais devenu ivrogne, joueur professionnel ou voyou. »...
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