Nerval

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  • Publié le : 29 mars 2011
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- Le romantisme, inspiration et identification

Gérard de Nerval ajoute en 1854 une douzaine de poèmes sous forme d’appendice, à son recueil de nouvelles en prose intitulé : Les Filles de feu. Cet ajout est publié sous le nom de : Les Chimères. Dans la mythologie grecque, la Chimère est un monstre à corps de chèvre, à tête de lion et à queue de dragon, crachant du feu et dévorant les hommesqui passent à sa portée. Cette désignation se fond parfaitement dans l’optique du romantisme, dont Nerval, Hugo, Nodier, Vigny et Balzac sont les protecteurs. El desdichado s’inscrit dans ce mouvement littéraire, car le poète y met en avant «*la liberté des formes et l’expression du moi, perçu comme divisé et douloureux ». Il n’est donc pas étonnant de découvrir dans cette œuvre de nombreusesfigures mythologiques, mais aussi maintes tristes allusions lugubres et mélancoliques.
*Source : Dictionnaire du Littéraire – Editions puf – « le romantisme » – page 535
- En quête d’identité, signe d’un malaise
Le premier alexandrin du poème souligne une identification objective de l’auteur. Ce dernier se compare à l’aide d’un chleuasme, figure de style visant à s’auto déprécier afin d’obtenirune réaction compensatoire, à un ténébreux, à un veuf ainsi qu’à un inconsolé. Ces caractères statiques sont en opposition avec l’alexandrin du premier tercet. En effet l’auteur, confus, se pose la question essentielle : Qui suis-je ? Phébus n’est en fait personne d’autre qu’Apollon, figure mythologique grecque, dieu de la clarté solaire, de la musique, de la divination et de la poésie. Par cestermes, nous pénétrons dans l’univers du paganisme,*nom donné par les chrétiens de la fin de l'Empire romain aux anciennes croyances et pratiques religieuses polythéistes. Les noms propres « Amour ou Phébus » contrastent fortement avec les appellations « Lusignan ou Biron » étant donné que ces deux dernières filiations familiales sont connues pour être d’arides défenseurs du christianisme. Le poèmedébute donc par une identification concrète pour glisser vers une remise en question, voire un chaos psychologique, au douzième vers. Outre cette confusion, Nerval utilise le pronom personnel « je » ainsi que l’adjectif possessif « mon » aux vers 1, 3, 7, 9, 10, 11 et 12. Par conséquent il est possible d’affirmer que le sujet d’énonciation n’est personne d’autre que l’auteur s’adressant à unrécepteur représenté par le pronom personnel « toi ». Dès lors, afin de comprendre ce mal-être sentimental et psychologique, il est important de souligner le fait que l’auteur éprouvait un amour fou pour Jenny Colon, *actrice qu’il a découverte dès 1833 et qui est décédée en 1842. Cette information explique d’ailleurs l’utilisation et l’emplacement central du substantif « le Veuf » au premier vers dodécasyllabique. Nous retrouvons donc des références mythologiques, historiques mais aussi biographiques. En 1842 il entreprend un vaste périple autour de la Méditerranée, visitant Naples, Rhodes, Constantinople ainsi que diverses autres villes. C’est ainsi que le « Pausilippe » (vers 6), promontoire près de Naples où Virgile aurait été enterré, renvoie à une réalité biographique de Nerval. Le premieralexandrin du dernier tercet, laisse entrevoir une restitution complète de l’identité de l’écrivain. En effet la dernière strophe confère à l’auteur les caractéristiques d’Orphée, figure mythologique grecque, poète et musicien ainsi que fils de la muse Calliope et d’Apollon. Tout comme ce dernier, le poète se dit être le vainqueur à deux reprises de l’Achéron, fleuve des enfers (vers 12). « *Orphéeest surtout connu pour son mariage malheureux avec la jolie nymphe Eurydice. Peu après le mariage, son épouse, mordue par une vipère, mourut. Accablé de chagrin, Orphée décida de descendre aux enfers et de la ramener, ce qu'aucun mortel n'avait jamais fait. Hadès, le maître des enfers, fut si ému par sa musique qu'il accepta de rendre Eurydice à Orphée à la condition qu'il ne se retourna pas...
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