Nicolas flamel

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  • Publié le : 5 mai 2011
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LE LIVRE DES FIGURES HIÉROGLYPHIQUES
CONTENANT L’EXPLICATION DES FIGURES HIÉROGLYPHIQUES QU’IL A FAIT METTRE AU CIMETIÈRE DES SS. INNOCENS À PARIS.

N I C O L A S

F L A M E L

Ce livre est loin d’être au dessus de tout soupçon. Paru en 1612, soit deux siècles après la mort de son auteur prétendu, il n’est même pas signé Nicolas Flamel, mais Arnaud de la Chevalière. Selon ce texte, NicolasFlamel aurait trouvé la méthode pour fabriquer de l’or dans un vieux manuscrit, Aesch Mezareph, de Abraham le Juif. Il n’existe que deux exemplaires de ce livre, l’original et une copie, l’un à la Bibliothèque Nationale, l’autre à la Bibliothèque de l’Arsenal. Ils ne sont pas disponibles à la consultation.

Arche du Cimetière des Innocents décorée aux frais de Nicolas Flamel, Paris, dans P.Arnauld, Trois Traictez de la philosophie, Paris, 1612.

LE LIVRE DES HIÉROGLYPHES
Loué soit éternellement le Seigneur mon Dieu, qui élève l’Humble de la boue, et fait réjoüir le cœur de ceux qui espèrent en lui : Qui ouvre aux Croyans avec grâce les sources de sa bénignité, et met sous leurs pieds les cercles mondains de toutes les félicités terriennes. En lui soit toujours notre espérance, ensa crainte notre félicité, en sa miséricorde la gloire de la réparation de notre nature, et en la prière notre sûreté inébranlable. Et vous, ô Dieu Tout-puissant, comme votre bonté a daigné d’ouvrir en la Terre devant moi, votre indigne Serviteur, tous les Trésors des Richesses du Monde, qu’il plaise à votre clémence, lorsque je ne serai plus au nombre des Vivans, de m’ouvrir encore les Trésors desCieux, et me laisser contempler votre face divine, dont la Majesté est un délice inénarrable, et dont le ravissement n’est jamais monté en coeur d’Homme vivant. Je vous le demande par le Seigneur Jésus-Christ votre Fils bien-aimé, qui en l’Unité du Saint-Esprit vit avec vous au siècle des siècles. Encore que moi, Nicolas Flamel, Ecrivain et Habitant de Paris, en cette année mil trois cens quatre– vingtdix-neuf, et demeurant en ma maison en la ruë des Ecrivains, près la Chapelle Saint-Jacques de la Boucherie. Encore, dis-je, que je n’aye appris qu’un peu de Latin, pour le peu de moyens de mes Parens, qui néanmoins étaient par mes Envieux mêmes NICOLAS FLAMEL estimez Gens de bien, si est-ce que (par la grande grâce de Dieu, et intercession des bienheureux Saints et Saintes de Paradis,principalement de Saint Jacques), je n’ai pas laissé d’entendre au long des Livres des Philosophes, et d’y apprendre leurs Secrets si cachez. C’est pourquoi il ne sera jamais moment en ma vie, me souvenant de ce haut lieu, qu’à genoux (si le lieu le permet) ou bien dans mon cœur, de toute mon affection, je n’en rende grâces à ce Dieu très bening, qui ne laisse jamais l’Enfant du Juste mendier par lesportes, et qui ne trompe point ceux qui espèrent entièrement en sa bénédiction. Donc, ainsi qu’après le décès de mes Parens je gagnais ma vie en notre Art d’Ecriture, faisant des Inventaires, dressant des Comptes, et arrêtant les Dépenses des Tuteurs et Mineurs, il me tomba entre les mains, pour la somme de deux florins, un Livre doré, fort vieux et beaucoup large. Il n’étoit point de papier ouparchemin, comme sont les autres, mais il étoit fait de déliées écorces, (comme il me sembloit) de tendres Arbrisseaux. Sa couverture étoit de cuivre bien délié, toute gravée de lettres ou figures étranges ; et quant à moi, je croi qu’elles pouvoient bien être des caractères Grecs, ou d’autre semblable Langue ancienne. Tant y a que je ne les sçavois pas lire, et que je sçai bien qu’elles n’étoientpoint notes ni lettres Latines ou Gauloises ; car j’y entends un peu. Quant au dedans, ses feuilles d’écorces étoient LIVRE DES FIGURES HIÉROGLYPHIQUES

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gravées, et d’une grande industrie, écrites avec un burin de fer, en belles et très nettes lettres Latines colorées. Il contenoit trois fois sept feuillets, le septième lesquels étoit toujours sans écriture. Au lieu de laquelle il y...
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