Nietzsche

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  • Publié le : 8 octobre 2010
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On entend par travail, l’activité de transformation de la nature, à l’aide d’outils et de machines en vue de satisfaire les besoins . On distingue besoins innés ou naturels et besoins acquis ou culturels. Les premiers sont universels, les seconds sont variables d’un groupe humain à un autre. Si, à l’origine du travail, l’on doit poser les besoins du corps et une nature plus ou moins avare de sesdons; très vite, la lutte de l’homme avec elle crée des biens en quantité indéfinie. Acquérir ces biens demande du travail ; mais, alors on n’en finit jamais de travailler et c’est ainsi que le travail devient lui-même un besoin qu’il faut alors apaiser. Pourtant, le travail est tellement pénible pour les hommes, qu’ils l’ont perçu soit comme une entrave à la liberté dont il fallait s’affranchir,dussent-ils pour cela asservir d’autres hommes, soit comme un châtiment divin auquel il fallait bien que les hommes pêcheurs se résignassent. Par le travail, n’est-il pas possible de se réaliser pleinement et de combler ainsi le désir d’être heureux ?
Pour Nietzsche, nous sommes moins esclaves du travail que du besoin de travailler. C’est pourquoi nous faisons l’expérience de l’ennui que noustentons d’éviter par le jeu ou un surcroît de travail. Mais le jeu qui nous délasse de l’effort du travail devient absurde lorsqu il est un but en lui-même; parce qu’il ne donne pas à notre vie le sens que nous cherchons ni ce bonheur durable qui accompagne toute activité créatrice .
Les articulations de ce petit texte, au contenu très dense, extrait du §162 d’Humain,trop humain tome I sont lessuivantes : Nietzsche montre comment le travail, qui nous affranchit de la contrainte de nos besoins, devient lui-même un nouveau besoin ressenti par une impression d’ennui quand on ne travaille plus (lignes 1 à 9) ce besoin peut alors être apaisé ou bien par un travail sur- productif ou bien par un travail improductif : le jeu (lignes 9 à 13). Mais au-delà du jeu, il nous invite à considérer lebonheur dont jouissent les individus créateurs: artistes et philosophes( lignes 13 à 18 ).

Explication : Si l’homme travaille c’est qu’il y est contraint par ses besoins. Il faut donc, pour vivre, consommer et pour consommer travailler, c’est-à-dire produire des biens qu’il faut constamment remplacer, sitôt détruits.
Si le besoin est à l’origine du travail, la renaissance du besoin est à l’originede l’habitude du travail ; comme l’habitude du travail est à l’origine de l’ennui quand il vient à s’interrompre . L’ennui est ainsi la traduction du besoin de travailler.
En conséquence, le travail, activité de transformation de la nature en vue de la satisfaction des besoins, devient lui-même un nouveau besoin (adventice = ajouté) ressenti dans les moments d’inactivité (pauses) par uneimpression de vide (ennui) que l’habitude de travailler ou la frustration des besoins ont rendu sensible. Plus l’habitude de travailler est forte, plus la frustration des besoins a été grande, plus vif sera le besoin de travailler.

Transition :
Comment l’homme parvient-il à assouvir ce nouveau besoin ? Si les produits réalisés par le travail ont assouvi les besoins humains, quels produits vontsatisfaire le besoin du travail ou plutôt quelles activités vont satisfaire ce besoin?
Pour combler l’ennui, l’homme s’impose :
- soit un surcroît de travail, l’ennui apparaît alors être au besoin de travail ce que la faim ou la soif sont au besoin de manger et de boire : une impression de manque. Ressentir de l’ennui c’est ressentir un manque : celui du travail que l’habitude de travailler à faitnaître. Pour combler ce manque, écrit NIETZSCHE, on travaille au-delà du nécessaire.
-soit l’activité du jeu. Notons ici la définition paradoxale que NIETZSCHE en donne : « travail qui ne doit apaiser aucun autre besoin que celui du travail en général ».
D’ordinaire, on entend par jeu : une activité désintéressée, gratuite dont la motivation principale est le plaisir qu’on y trouve. Mais le jeu,...
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