No low cost

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  • Publié le : 10 octobre 2010
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par Bruno Fay et Stéphane Reynaud,

Editions du Moment
2009

Cet ouvrage bien reçu par le public, dénonce l'hypocrisie des pays riches qui délocalisent leurs productions polluantes dans les pays pauvres, au prétexte d'obtenir les prix les plus bas possibles pour leurs consommateurs. Reste à savoir comment sortir de ce piège, dont souffrent tout autant les pays pauvres que les pays riches.La question n'est pas vraiment posée au sommet de Copenhague. Reprenons ici quelques propositions de bon sens, déjà dans l'air mais peu entendues encore.
Bruno Fay et Stéphane Reynaud ont publié une présentation de leur thèse dans Le Monde du 12 décembre 2009. Nous en extrayons les passages les plus significatifs suivants :
« D'un côté, il y aurait les bons, entendez les pays développés engagésdans la lutte contre le réchauffement climatique : l'Union européenne, les Etats-Unis depuis peu. De l'autre, les renégats : la Chine, l'Inde et les Etats dits salissants, accusés de tous les maux. Une vision du monde simpliste qui passe à côté de l'essentiel : l'Inde et la Chine émettent des gaz à effet de serre pour fabriquer nos jouets, pour cultiver nos légumes. La course aux bas coûts, lafolie low cost, ne délocalise pas seulement les emplois. Elle délocalise aussi nos propres pollutions...
« Les exportations alimentaires de la Chine vers la France ont augmenté de 44% entre 2005 et 2007. En 2008, la France a importé 411 millions d'euros d'aliments chinois. Une asperge sur deux vendue dans l'Hexagone est "made in China", car quatre fois moins chère à produire du côté de Shenzen quesur les rives de la Méditerranée. En deux ans, les importations de meubles chinois ont bondi de 54 %.
« Drapés dans notre bonne conscience, nous refusons de voir que nous sommes les premiers producteurs de CO2 en nous ruant sur les étalages de tee-shirts à 2 euros, en achetant des tomates à 1 euro le kilo ou en prenant l'avion pour passer des vacances à Saint-Domingue à 299 euros la semaine.
«Nous sommes entrés dans une spirale de consommation hystérique. Pour répondre à nos besoins, les entreprises ont délocalisé leur production. Et tant pis si cette production à bas coût est polluante, puisqu'elle pollue loin....
« ...Le consommateur low cost, paradoxalement présenté comme un "consommateur intelligent", préfère ne pas se poser de questions. Est-il raisonnable qu'un jean bon marchéparcoure en moyenne 70 000 km avant d'être vendu à Paris ou à Limoges ?
« Doit-on accepter que la production d'une tomate marocaine, du côté d'Agadir, entraîne l'assèchement des nappes phréatiques locales et des bouleversements irréversibles sur le milieu naturel ? ...
« Nous préférons croire à la magie low cost, imaginer qu'il est possible de produire la même voiture ou la même robe pour un coûtdix fois moins élevé sans impact supplémentaire sur l'état de la planète. En vérité, le miracle low cost n'est qu'un mirage. Le consommateur à bas coût est le premier responsable du réchauffement climatique, incapable de voir que son comportement est suicidaire."
Notre appréciation
Ce ne sont pas seulement les consommateurs des pays riches, recherchant des produits et services à des prix toujoursplus faibles, qui sont les seuls responsables du désastre dénoncé par nos auteurs. Il faut voir que l'on ne sortira pas facilement du piège du Low Cost, car les intérêts qui en tirent profit sont bien plus forts politiquement que ceux qui en souffrent. Les manifestations en faveur de la lutte contre le réchauffement climatique ne suffiront pas. Ce serait une véritable révolution politique etéconomique qui s'imposerait, à la fois au niveau des pays riches et des pays pauvres.
Qui tire profit du Low Cost, sous ses diverses formes ? On doit en premier lieu mentionner les gouvernements. Ceux des pays riches donnent à leurs consommateurs l'impression qu'ils se battent pour leur pouvoir d'achat en encourageant la baisse des prix à la consommation. Ceux des pays pauvres donnent à leurs...
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