Notes femmes

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 31 (7610 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 3 novembre 2010
Lire le document complet
Aperçu du document
Ch1 :
Etau juridique.
Entre 1965-1975, une décennie, la condition juridique des femmes a considérablement changé. Se sont définitivement cumulés les mutations des droits civils, celles des droits à l’enseignement et au travail, qui ont balayé des incapacités organisées au tout début du XIXème siècle, entre 1804 et 1810, six petites années. La nouvelle société née des grands bouleversementsrévolutionnaires s’était alors structurée dans l’exclusion des femmes et tout spécialement celle des épouses.
Du Consulat à la Troisième République, on ne peut noter de changement majeur, sauf dans les années qui suivent la Première Guerre mondiale avec l’ouverture d’un enseignement secondaire, conçu par ailleurs comme très élitiste.
Quant au travail, si les femmes mariés gagnent quelqueémancipation en 1907, obtenant le droit de gérer le fruit de leur labeur, comment oublier que le statut égalitaire de la fonction publique de 1946 est bien mal appliqué jusqu’au milieu des années 1970, décennie qui voit aussi le vote des premières lois demandant la non-discrimination au travail. Les premières années du XIXème siècle ont ainsi, dans divers registres, serré un étau législatif, qui n’aréellement relâché son emprise que dans le dernier quart du XXème siècle.

1804-1810 : Les lois de l’exclusion.
Des droits civils inégaux.
Le Code Civil ne connaît pas de femmes(s) tout court, mais seulement des femmes classées selon leurs rapports institutionnels aux hommes et leur éventuelle maternité : des filles majeures, autrement dit des femmes célibataires, des femmes mariées – entre« fille » et « femme » on voit qu’il ne s’agit pas du changement de tranche d’âge, mais du passage par le ciment social majeur : le mariage - , des veuves avec enfants, des veuves sans enfant [Bordeaux, 1984].
Un faible droit de la destruction.
Le Code Civil, toujours, impose à la femme mariée de demander l’autorisation de son conjoint pour s’inscrire à des cours et passer des examens. Napoléon lui-mêmen’en faisait pas mystère : « Je ne crois pas qu’il faille s’occuper d’un régime d’instruction pour les jeunes filles ; l’éducation publique ne leur convient pas puisqu’elles ne sont point appelées à vivre en public ; le mariage est tout leur destination ».
Quand François Guizot lance 190 inspecteurs dans le royaume en 1833, le tableau brossé est désolant : les pouvoirs publics ignorent jusqu’aunombre exact des écoles, les campagnes sont sous-scolarisées, les maîtresses et maîtres pauvres, surtout quand elles et ils ne sont pas congréganistes.
Pour les filles ne sont prévues que des écoles « spéciales » - et on verra combien ce vocabulaire est récurrent -, non obligatoires, qui ne peuvent être ouvertes que sur demande expresse des conseils municipaux, si la commune en a le « besoin »et les « ressources ».
Un droit au travail contrôlé
Du côté de l’exercice d’un métier, le Code Civil s’efforce, par divers biais, d’en rendre l’accès difficile aux femmes mariées : il faut ainsi l’autorisation du conjoint pour exercer un métier et disposer de son salaire, mais encore pour prendre un engagement artistique.
Pourtant, la fin du XVIIIème siècle avait connu des mutations, peuavant la Révolution, en particulier dans le cadre des métiers urbains fermés aux femmes. Ainsi, à Paris, dans le corps féminins des marchandes-maîtresses, par exemple, les lingères et les couturières, l’intervention directe des maris, pères ou d’autres hommes de la famille était prohibée.

Des républiques sans citoyennes.
1848 : l’éviction de la citoyenneté
Tout se noue sans doute dans lesannées 1840, quand le droit au travail est traduit, converti en équivalent du droit à la propriété, cette propriété qui donne droit à la citoyenneté. Le travail devient ainsi une valeur non seulement économique, mais identitaire et politique.
Un enseignement secondaire excluant
Tout d’abord, même s’il installe un substantiel enseignement primaire en trois niveaux, Jules Ferry laisse intact...
tracking img