Notre vie (aul eluard)

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  • Publié le : 23 mars 2011
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Paul Eluard est un poète Français du XXème siècle. Il est un protagoniste, avec André Breton et Louis Aragon, du mouvement surréaliste, mouvement inspiré du Dadaïsme dont il est le « prolongement ». Les poètes surréalistes inspirent à l’incohérence des vers, qui ont pour principal but de ne pas avoir de sens, comme dans le poème « La terre est bleue comme une orange », écrit par Paul Eluard. Lesprincipes du surréalisme sont le non-sens des écrits, le concept d’écriture automatique, et de communauté spirituelle. Eluard se marie tout d’abord avec Gala, jeune femme russe dont il tombe éperdument amoureux. Elle le quitte quelque années plus tard, pour partir aux cotés du célèbre peintre Salvador Dali. D’abord accablé par cet abandon, il se remarie avec Nusch, pour qui il écrit le poème« Notre vie », faisant parti de son recueil Le Temps déborde en 1947. Ce poème fait suite à la mort de Nusch. Il s’adresse directement à elle, en employant le pronom personnel « tu ». La mort est omniprésente dans ce poème, ce qui lui confère une aura tragique, et transmet les profonds sentiments de tristesse et de désespoir qu’éprouve Eluard. Alors quelle est la vision de la mort d’Eluard à travers cepoème ? Nous étudierons tout d’abord la présence oppressante de la mort dans ce poème, puis l’opposition qu’elle émet avec la vie.

Le poème est construit en trois strophes hétérométriques, de cinq vers chacune. La plupart des vers sont des alexandrins. Il n’y a aucune rime dans ce poème. Dés les premiers vers, le lecteur ressent cette présence de mort, planante, cette mort qui rôde au dessusdes esprits. Le terme « mort » apparait sept fois tout le long du poème, dont cinq fois dans la deuxième strophe («La mort qui vient la mort qui va la mort vécue » vers 9). Eluard voit ici la mort comme une fatalité, comme le néant, qui recouvre et détruit ce que la vie s’est forcée à construire (« Aurore d’une ville un beau matin de mai ; Sur laquelle la terre a refermé son poing » vers 2 et 3).La mort de Nusch est une tragédie pour Eluard, qui se sent anéanti. Ce renfermement est traduit par le vers « Mon passé se dissout je fais place au silence » (vers 15). Il éprouve également un profond sentiment de nostalgie, et de tristesse, quand il écrit « Notre vie tu l’as faite elle est ensevelie » (vers 1). Eluard peine à accepter la mort de Nusch, puisqu’il s’adresse directement à elle dansce poème, en utilisant le deuxième pronom personnel du singulier (« Notre vie disais-tu si contente de vivre » vers 6). Par la mort de Nusch, Paul Eluard voit son propre décès, sa propre fin, traduit par son rapprochement avec la mort, inévitable (« Et la mort entre en moi comme dans un moulin » vers 5). Le poème suit une véritable évolution le long de ses strophes. Eluard commence les deuxpremières en d’adressant à Nusch, comme un songe au passé, qui glisse ensuite vers l’obscurité et le désarroi de la mort. Eluard est résilié à la fin du poème, à se laisser emporter par la mort qui le ronge (« Que la faim et la soif à mon corps épuisé » vers 12). La terre à également une connotation funèbre ici. « Ce qui est à la terre retourne à la terre ». C’est l’endroit où gisent les défunts, lasource de toute vie, et le destin de toute fin. Elle « referme son poing » sur ceux qui trépassent. La mort est une rupture : « Mais la mort a rompu l’équilibre du temps » (vers 8) ; ce qui signifie que Eluard perçoit le décès comme un arrêt, supérieur à toute chose, toute entité, ce qui serait éventuellement une réflexion religieuse. Cependant le vers « Notre vie tu l’as faite elle est ensevelie »(vers 1) peut émettre l’idée d’une mort qui ne serait pas dans la continuité de la vie, une idée rationnelle et arbitraire.

C’est donc une mort lente, douloureuse, placide, que décrit Eluard. La douleur de la disparition de Nusch entraîne un pessimisme extrême, où les seules issues possibles sont la souffrance éternelle, et le trépas. Malgré cette omniprésence de la mort, Eluard a choisi...
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