Nouvel ordre mondial

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  • Publié le : 23 avril 2009
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Les enjeux économiques et géopolitiques de l’énergie

Depuis le XIX° siècle, l’énergie a toujours été au c ur des évolutions économiques : le charbon (1ère Révolution industrielle), l’électricité et le pétrole (2ème révolution industrielle) et, de plus en plus, les biocarburants ou peut-être l’hydrogène. La croissance économique ne peut se passer de son contexte énergétique. La preuve en estque le 1er choc pétrolier de 1973 a contribué à précipiter la fin de la croissance dite des 30 glorieuses. Ce choc peut aussi être interprété comme une revanche d’une partie du Sud, en l’occurrence des pays arabes pour lesquels la hausse des prix du pétrole était une punition à l’égard des pays occidentaux soutenant Israël. 1973 est donc bien la preuve d’une double dimension géoéconomique etgéopolitique des questions énergétiques : maîtriser l’énergie, c’est assurer un certain « hard power » sur la scène internationale. A une autre échelle, la précipitation de l’Etat français en février 2005 pour organiser le regroupement GDF/SUEZ pour protéger cette dernière d’une OPA du groupe électrique italien ENEL montre combien la puissance publique tient pour capitales les questions énergétiques.
Ils’agit donc d’étudier dans quelle mesure celles-ci contribuent à expliquer ou à faire évoluer les hiérarchies économiques et politiques au sein de l’espace mondial. Pour cela, nous verrons premièrement que l’énergie est au c ur des enjeux de la croissance et du développement. C’est pourquoi prédomine l’enjeu impératif de la maîtrise des approvisionnements, avec une double dimension géoéconomiqueet politique. Finalement nous étudierons le fait que l’énergie est de plus en plus au c ur des enjeux du développement durable.

L énergie est au c ur des enjeux de la croissance et du développement à la fois pour les pays exportateurs et pour les pays importateurs.
En effet, pour les pays importateurs, l’énergie permet de soutenir la croissance, d’où l’enjeu de profiter d’un prix bas.C’était le cas pendant les 30 glorieuses car le marché des hydrocarbures était largement hérité du système du cartel des Majors mis en place en 1927 à Achnacarry. Les importations de pétrole représentaient encore 3% du PIB de la TRIADE en 2006. Pour les autres sources d’énergie, il était fréquent que des sociétés publiques maintiennent des prix bas pour soutenir la croissance, comme par exemplel’entreprise EDF/GDF en France. Aujourd’hui on note un fort volontarisme de la part des gouvernements indiens et chinois pour maintenir au maximum des prix bas de l’énergie, pour pérenniser leur croissance. De plus, la hausse des prix du pétrole ces quelques dernières années a montré combien les pays riches et industrialisés dépendent encore beaucoup de cette ressource.
Pour les pays exportateurs, l’énergiepeut être un levier de développement. Le pétrole est en effet la première devise pour un pays comme le Mexique, devant le tourisme. Le pétrole représente pour le Venezuela 80% de la valeur des exportations et la moitié des recettes fiscales. Cela explique les mouvements de nationalisations du pétrole (le Mexique a été le premier pays à nationaliser ses gisements de pétrole en 1938 en créantl’entreprise publique PEMEX) ainsi que la création de l’OPEP (organisation des pays exportateurs de pétrole : Venezuela, Equateur, Algérie, l’Angola, le Nigéria, les Emirats arabes, l’Arabie saoudite, l’Iran, l’Irak, le Qatar, l’Indonésie, la Lybie et le Koweït) en 1960 par l’Arabie Saoudite et le Venezuela pour augmenter les rentes. Certains pays ont même la volonté de retrouver leur pleine souverainetésur leurs ressources naturelles énergétiques, comme la Bolivie. Le pétrole a réellement été source de développement pour l’Arabie saoudite et donc pour d’autres pays. En effet elle a pu prêter de l’argent à des pays du Sud en difficulté et a investi ses rentes dans des entreprises internationales. Aujourd’hui, l’Arabie Saoudite détient 17% de Mercedes-Benz. Les pays exportateurs ont...
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