Nouvelle - i'm gonna die

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  • Publié le : 13 décembre 2011
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I’m gonna die

J’étais sur le point de mourir. La chorée de Huntington, ou un truc dans le genre. Une malade dégénérative, et héréditaire. Merci mes géniteurs. Quand mon médecin me l’a annoncé, je ne pouvais pas l’accepter. Je n’écoutais pas ce qu’il disait. Il me parlait du traitement, des effets secondaires, du coût, de la fréquence du traitement. Tout ça ne m’intéressait peu. La seuleparole que j’enregistrai était le fait que je n’allais pas souffrir, ou seulement deux, trois jours avant la date fatidique. Tant mieux. Il me restait 3 mois. Mais j’allais mourir quoi, merde.

N’ayant pas de famille, à part ma vielle mère frappadingue, ni d’amis, je ne le dis à personne. Et puis de toute façon, personne n’aurait voulu le savoir. Je décidai, sur un coup de tête, de tout claquer etpartir vivre ce que je voulais depuis que j’étais sorti de ma mère, le rêve américain. Je quittai mon boulot le lendemain. J’étais bûcheron. Un job bien sympa qui amenait à de belles rencontres mais bon, j’avais un rêve à vivre moi.
"If you’re going to San Francisco, be sure to wear some flowers in your hair" chantait Scott McKenzie en ’67. Dix ans plus tard, j’estimais que c’était toujours lamême chose. C’est ainsi que je choisis San Francisco pour destination. J’allais mettre la ville sans dessus-dessous.
Quand j’atterris, et que je retrouvai le sol, avec bien sûr des fleurs dans mes cheveux, je reniflai un bon coup. Cette bonne odeur de l’océan. Cette ville me plaisait déjà. Si j’allais mourir dans pas bien longtemps, autant ne pas faire les choses à moitié. Je pris une chambre dansun hôtel de bourges. Je n’aimais pas ces guignols, mais je pouvais sûrement faire l’impasse sur leurs mimiques débiles pendant quelques semaines.
Le premier soir, la nuit de mon arrivée, je descendis au Hard Rock Cafe. Un truc à voir au moins une fois dans sa vie. L’ambiance, la musique et les gens présents dans ce haut lieu sont à eux seuls quelque chose de remarquable. Je pris un russe blanc.Un cocktail à base de vodka, de lait et de liqueur de café. Après tout, j’étais là pour m’amuser. La soirée était bonne. Après plusieurs cocktails et pintes, je fis la rencontre de Bob. Un pourri de chez pourri. Il s’autoproclamait mac. Un allumé de la côte ouest comme j’aimais le surnommer.Nous sortîmes un moment. Il se roula un joint et fit tourner. J’avais souvent l’habitude de me fumer unpétard avant le boulot mais ce qu’il fit tourner là était d’un tout autre registre que le petit chanvre que j’avais l’habitude de fumer le matin. Je partis de suite toucher le ciel. "Purple Haze" de Hendrix résonnait dans mes oreilles. J’étais "high" comme disent les Ricains.
A mon retour dans le "temple du rock", les flics étaient là. Ils faisaient une descente et contrôlaient tous les types présents.Mon ami complètement défoncé me prit par le bras et m’emmena dans la réserve. On attendit le départ des poulets. Ce crétin avait réussi à se faire un fix . L’héro sentait dans toute la pièce. Je ne donnais à cet homme pas plus de temps de vie qu’à moi. Quand la police fut repartie, je ramenai ce toxico chez lui. A mon retour à l’hôtel, je m’écroulai dans mon lit. Ma première nuit aux States, ledébut de la fin, s’était plutôt bien passée.
Le lendemain, une belle gueule de bois, je reçus un coup de fil. Ma génitrice était décédée. Je ne sais pas comment le home avait eu vent que j’étais aux Etats-Unis mais bon. On était le 12, ou peut-être le 13 août, peu importe, et ma mère nous avait quittés. Je descendis boire un russe blanc au bar de l’hôtel. Soigner le mal par le mal comme on dit. Lesoir même je sortis jouer au tripot du coin. Cette vielle pièce sentait le tabac froid et le whisky frelaté. Deux stripteaseuses dansaient dans un coin. Le tourne disque passait un vieux vinyle de Chuck Berry. Je m’assis à une table de poker. Deux vieux briscards impassibles, une bimbèche et un gus qui se prenait pour un cowboy, un "Clint Eastwood". La mise était de mille dollars.
Je me fis...
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