Nouvelles gouvernances et technologies de la communication

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  • Publié le : 22 novembre 2010
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INTRODUCTION
De la démocratie représentative à la démocratie participative et vice versa

Réflexion sur l’évolution d’une démocratie ancienne, représentative par tradition, participative par choix de femmes et hommes politiques
Que veulent les citoyens ; comment leurs représentants élus exercent-ils le (les ) pouvoir(s) qui leur ont été confiés ; comment les exécutants (techniciens etbureaucrates) appliquent-ils les décisions prises ? Quelle est l’évaluation des actions : par qui, pour qui ? question subsidiaire : quelle est la place des media, soient-ils matériels ou immatériels ? A ces questions fondamentales nous devons ajouter une contrainte : celle de contextualiser notre réflexion. La première question est, me semble-t-il, la première à nous poser : que veulent les citoyens,qui ne sont ni des hommes politiques, ni des technocrates et techniciens de l’Etat ou des collectivités territoriales. Veulent-ils être davantage associés aux orientations, décisions et actions mises en œuvre pour l’ensemble des citoyens ? A quel échelon territorial ? international - européen, national, régional, local ? Les réponses sont certainement contrastées, voire différentes suivant les pays: évolution de la cellule sociale initiale, traditions, luttes pour la liberté, développement économique, niveau de vie, influence des élites et des potentats ; pour la France, tentons un état des lieux en ce début 2005. La citoyenne, le citoyen, de la fin de l‘enfance à l’âge mûr, semble désabusé. Quels sont les indicateurs qui nous permettent cette assertion : tout d’abord les taux departicipation, depuis plusieurs années, lors de scrutins nationaux ayant un enjeu autre que celui d’élire le Président de la République. Et ce ne sont pas les explications à ce désintérêt, fondées sur la multiplication des scrutins en un temps court, qui sont une excuse, puisque les sondages donnent 1 français sur 2 considérant qu’il n’est pas grave de ne pas voter. En second lieu les jugements portés surles hommes politiques sont globalement négatifs : népotisme, parisianisme, corruption, intérêt personnel, carriérisme sont évoqués, et les récentes affaires franco-françaises (appartement de l’ex-ministre des finances, collusions Région Ile de France partis politiques…) alimentent la désaffection des citoyens envers leur classe politique. Nous sommes friands de fractures (sociale, numérique) ; jeparlerai pour ma part de fracture démocratique, ou plus exactement de fracture de confiance démocratique. Vraisemblablement nous faisons partie des nations qui peuvent se permettre ce luxe : nombreuses sont les initiatives en matière de démocratie directe, participative, qui sont nées et naissent de citoyens qui secouent leur joug, qui aspirent à une vie décente, économiquement et socialement, etne comptent que sur eux pour faire évoluer la société de

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leur pays, de leur région, de leur commune (cf. les exemples du Brésil, de la Colombie, de l’inde …1). Pour ce qui nous concerne, cet « aqoibonisme »2, cette suspicion, ce rejet sont possibles parce que la citoyenne, le citoyen ne se sent pas en danger (le dernier sursaut national date de 2002, dans la circonstance exceptionnelle dusecond tour de l’élection présidentielle, pour affirmer l’opposition du peuple français aux thèses xénophobes, populistes). Qu’ils les brocardent, les interpellent durement, aient d’eux une image peu flatteuse, il n’empêche qu’ils ne remettent que peu en cause leur représentation. Le modèle de gouvernement, du local au national, est intégré et ne fait pas l’objet d’un rejet. D’autant moins quenous sommes entrés dans une période où l’individualisme a pris le pouvoir : « nous assistons à l’érosion des devoirs de renoncement à soi-même, de participation et d’implication collective, mais simultanément à la persistance de la valorisation d’un certain nombre d’interdits vis-à-vis de la res publica ... les devoirs positifs de dévouement à des fins supérieures n’ont plus de crédit, seuls en ont...
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