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Analyses et comptes rendus

| Editions de l’EHESS | Cahiers d’études africaines 2006/3 - 183
ISSN 0008-0055 | ISBN 2713221234 | pages 633 à 680

Pour citer cet article : — Analyses et comptes rendus, Cahiers d’études africaines 2006/3, 183, p.633-680.

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Analyses et comptes rendus

ARNFRED, S. (ed.). — Re-thinking Sexualities in Africa.Uppsala, The Nordic Africa Institute, 2004, 276 p., bibl., ill., ports. Les études sur la question du genre se sont aujourd’hui abondamment multipliées, sur le terrain africain comme ailleurs, et c’est dans ce contexte que ce volume, produit à l’initiative de chercheurs(es) du Nordic Africa Institute, entend « repenser la sexualité en Afrique ». Ce sont toutefois des outils classiques des sciencessociales contemporaines qui sont ici mis en œuvre, les auteurs s’inscrivant assez résolument dans une perspective constructiviste et s’interrogeant, dans une lutte des classements explicites, sur la pertinence de certains concepts pour en proposer d’autres, dans des contributions d’assez inégales qualités. L’ouvrage est divisé en trois parties aux titres relativement clairs : « Under Western Eyes », «Problems of Pleasure and Desire » et « Female Agency ». L’introduction (de Signe Arnfred) s’attache surtout à revenir sur les limites de certains stéréotypes, comme l’inexistence de relations homosexuelles en Afrique subsaharienne, ou ce qui serait la subordination univoque des femmes africaines, avec cependant une tendance marquée à généraliser (trop ?) rapidement certaines études de cas et àrenvoyer l’essentiel de ce qui est de l’ordre du contrôle social de la sexualité au christianisme et à la colonisation. Elle annonce aussi la critique, présente dans différentes contributions, de diverses catégories du discours féministe (comme l’approche « gender and development », ou des expressions comme « harmful traditional practice »), considérées ici comme des catégories politiquesoccidentales ayant des effets d’imposition de problématique. Mais la diversité des contributions justifie qu’on les évoque rapidement de façon séparée. Ouvrant la première partie, Heike Becker montre bien les évolutions qu’ont connues certaines cérémonies d’initiation féminines du Nord de la Namibie, qui conditionnaient autrefois l’accès au statut de femme en droit de procréer, depuis le déclin de ces ritescollectifs à partir de la période coloniale et de la christianisation, jusqu’à leur réactivation patrimoniale contemporaine, dans un autre contexte et par rapport à d’autres enjeux, comme celui d’une lutte (politiquement orientée) contre le VIH faisant reposer la responsabilité du freinage de l’épidémie sur les jeunes filles. Signe Arnfred propose ensuite une critique détaillée de la thèse de la «sexualité africaine », sexualité qui s’opposerait à une « sexualité eurasienne », telle qu’elle a été formulée par J. et P. Caldwell et P. Quiggin. La critique est bien argumentée et convaincante. Elle insiste fort à propos sur le simplisme et les raccourcis d’une thèse comme celle de la spécificité d’une sexualité africaine, pour rendre aux sexualités africaines leur complexité : on regrettera...
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