Oberman

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  • Publié le : 16 mai 2010
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OBERMAN (1804), SENANCOUR
EXPLICATION LINEAIRE DE LA LETTRE XVIII page 116 GF

PRESENTATION DE SENANCOUR

Pour George Sand et Sainte-Beuve, Oberman est l’emblème du mal du siècle. Cf observation de « l’éditeur » Senancour, car fait passer roman pour vrai : y indique chose suivante « on verra dans ces lettres l’expression d’un homme qui sent, et non d’un homme qui travaille ». Et plus loin,« on y trouvera des descriptions ; de celles qui servent à mieux faire entendre les choses naturelles, et à donner des lumières, peut-être trop négligées sur les rapports de l’homme avec ce qu’il appelle l’inanimé. On y trouvera des passions ; mais celles d’un homme qui était né pour recevoir ce qu’elles promettent, et non pour n’avoir point une passion ; pour tout employer, et pour n’avoir qu’uneseule fin. On y trouvera de l’amour : mais l’amour senti d’une manière qui peut-être n’avait pas été dite. On y trouvera des longueurs : elles peuvent être dans la nature ; le cœur est rarement précis, il n’est point dialecticien. On y trouvera des répétitions : mais si les choses sont bonnes, pourquoi éviter soigneusement d’y revenir ? […] On y trouvera des contradictions, du moins ce qu’onnomme ainsi. Mais pourquoi serait-on choqué de voir, dans des matières incertaines, le pour et le contre dits par le même homme ? […]
Pour George Sand, dans préface à une édition de 1840 : le mal d’Oberman n’est jamais qu’une étape que d’autres héros, plus énergiques et plus expérimentés que lui, sont appelés à dépasser, pour connaître des souffrances inédites et aller plus loin dans l’épreuve,non plus du doute mais de la désillusion.
Lettres sur durée de 10 ans dans le roman

INTRODUCTION
Cet extrait de la lettre XVIII datée du 18 août d’ouvre sur un état profond de dysphorie. Une lettre qui plonge le lecteur dans l’univers de la mélancolie, de la tristesse. Un passage fondamental qui se donne comme le point culminant du journal d’Oberman : psychologie, métaphysique et philosophiede vie se combinent afin de construire la poétique du récit et tracer le portrait d’un personnage surprenant par sa lucidité dans une introspection douloureuse qui ne peut laisser indifférent un lecteur auquel justement semble s’adresser Oberman à travers ces apostrophes directes.

LECTURE
PLAN :
Ce passage peut s’appréhender à travers 3 mouvements :
- 1er : ligne 1à 17 révèle toute soninsatisfaction
- 2ème ligne 18 à 23 révèle un être rongé de paradoxe et d’inquiétude
- 3ème ligne 23 à 30 esquisse sa philosophie de vie teintée d’une certaine fatalité

PROBLEMATIQUE
On verra alors comment ce récit qui peut au premier regard s’intégrer parfaitement aux confessions douloureuses de l’époque romantique s’en différencie pourtant. Ici, mélancolie ouvre à exploration psychologique etau retour sur soi qui plonge le personnage dans état presque permanent de dysphorie où l’inquiétude se mue en moteur de l’existence, en philosophie de vie.

1er MOUVEMENT : l’insatisfaction ligne 1 à 17
Les personnages des récits au 19e siècle incarnent le siècle fluctuant et inquiet, siècle qui analyse ses états d’âme, qui aime se penser comme cette lettre l’illustre. Lettre a qched’intime, ici tête-à-tête avec soi et sa conscience.
Ouverture à tonalité dysphorique « même ici, je n’aime que le soir » = restriction « ne … que » illustre bornes, limites et en plus état de satisfaction lié au nocturne, cadre apprécié des romantiques. Balancement succède avec « aurore », presque symétrie contrastive = mais plénitude que l’aurore pourrait apporter est rapidement évincée car instantest trop fugace et il annonce inéluctablement et fatalement jour nouveau cad nouvelles épreuves, celle de vivre. Le connecteur d’opposition « mais » qui se conjugue à la tournure restrictive révèlent un état presque permanent d’insatisfaction qui semble influencer, imprégner même, chaque acte du narrateur qui se transfigure en véritable explorateur d’âme. L’exclamation qui succède illustre son...
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