Olympe de gouge

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Construction normative et féminité. Olympe de gouges, ou la portée du modèle déclaratif par
| Presses Universitaires de France | L'Année sociologique 2003/1 - Vol. 51
ISSN en cours | ISBN 2130545068 | pages 197 à 210

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VARIÉTÉ
CONSTRUCTION NORMATIVE ET FÉMINITÉ
Olympe de Gouges, ou la portée du modèle déclaratifSophia ABOUDRAR
Obstinément, il faut ressusciter ces femmes, que notre temps réveille par moments, puis oublie, comme si leur souvenir ne pouvait survivre que par éclipses. Obstinément, il faut retrouver leur extraordinaire vitalité, le tranchant de leur inlassable courage, leur capacité d’innovation. Catherine Clément, « Olympe de Gouges et nous », in Les lettres françaises, mars 1992.

RÉSUMÉ. —Quelle place occupe le féminin dans l’élaboration des dispositifs normatifs ? En 1791, Olympes de Gouges signe une Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne. Pour la première fois dans l’histoire, le principe d’une égalité formelle et substantielle entre les sexes est affirmé, en même temps qu’est rappelée leur irréductible différence. Le parallélisme des formes induit en effet unparallélisme des contenus. Mais la répétition du modèle de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen et son adaptation au sexe féminin témoignent de l’insuffisance du droit commun à saisir la spécificité des genres. L’égalité doit se penser dans la différence : il faut dire le féminin, il faut le déclarer. ABSTRACT. — What place does the feminine take in the elaboration of normative plans ofaction ? In 1791, Olympes de Gouges signs a Declaration of the Rights of Women and Women Citizens. For the first time in history, the principle of a formal and real equality between the sexes is asserted, while we are reminded of the irreducible difference between men and women. The parallelism of forms indeed implies a parallelism of contents. But the repetition of the Declaration of the Rightsof Man and Citizens, and its adaptation for the female sex bear witness to the inadequacy of common law to grasp the specificity of « genders ». Equality must be thought about in and through difference. The feminine must be spoke ; it must be declared.

Le 3 novembre 1793 meurt guillotinée Marie Gouze, dite Marie-Olympe de Gouges, pour avoir été l’une des premières à formuler la question fémininede son siècle.
L’Année sociologique, 2003, 53, n0 1, p. 197 à 210

La période révolutionnaire, et particulièrement l’année 1790, marque une date importante de la pensée féministe moderne : Condorcet trace en 1788 un Plan de réforme politique et sociale dans lequel il demande publiquement que les femmes puissent participer à l’élection des représentants de la Nation aux États généraux, puispublie deux ans plus tard son célèbre article « Sur l’admission des femmes au droit de Cité » dans le Journal de la Société de 1789, Théodore Von Hippel publie un ouvrage Sur l’amélioration du sort de la femme au point de vue du droit de cité, Mary Woolstonecraft, en Angleterre, Vindication of the Rights of Women, ouvrage traduit en France dès 1792. Mais Olympe de Gouges incarne sans doute, plus...
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