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  • Publié le : 26 avril 2010
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Médée, Corneille I,4 « Jason me répudie … char brûlant »

lecture analytique rédigée, pour exemple er reprise du travail de vendredi

 

Médée, personnage éponyme de l’œuvre de Corneille, est mise en scène par la troupe du Marais en 1635. Cette pièce est une reprise du mythe, et Corneille reconnait qu’il a été très sensible à la version de Sénèque dans sa réécriture. Notre passage présentela première apparition de Médée, acte I scène 4. Nous avons appris dans l’exposition que Jason la quittait pour Créuse, afin d’épouser la fille du roi et d’ « accommoder [sa] flamme au bien de [ses]affaires ». Nous attendons ainsi de voir la réaction de la femme bafouée, reniée, qui va exposer son état d’esprit dans ce monologue. Nous nous demanderons comment ici Corneille met en scène une femmeivre de vengeance qui semble prête au pire des meurtres pour punir Jason. Pour cela, nous verrons que le monologue se déroule en trois temps : d’abord, Médée réalise l’impensable : la trahison de Jason à qui elle a tout donné. Puis, Médée explose et menace Jason, avant d’immoler l’aide son grand-père, Soleil, afin de trouver les moyens de laver cet affront.

 

Dans un premier temps, on sentque Médée prend conscience de tout ce qui se passe : elle revoit tout l’historique de son parcours avec Jason : elle part du présent « Jason me répudie ! » : par cette phrase exclamative, elle montre toute l’émotion, qui peut-être de l’incrédulité mêlée de désespoir, voire de colère, face à cette menace d’exil qui la frappe. Son incompréhension est soulignée par l’emploi du conditionnel passé « quil’aurait pu croire » qui renvoie plus à un irréel qu’à une hypothèse. On en déduit que Médée a été prise de cours, qu’elle n’a pas vu venir cette trahison de son mari. On sent alors son besoin de comprendre et l’accumulation de questions rhétoriques sert cette analyse du parcours de l’homme qu’elle aime : elle concède que la flamme de Jason pour elle a pu s’éteindre, mais se révolte de sesconséquences : la gradation « manque-t-il » / « peut-il » / « m’ose-t-il » souligne la révolte de Médée : en effet, elle relève que Jason ne peut oublier tout ce qu’elle a fait pour elle, puis elle dénonce son pouvoir de la quitter avant de reprendre la même expression en remplaçant le verbe « pouvoir » par le verbe « oser » : la répétition et la recherche du mot juste marque bien ici cette volonté decomprendre : Médée réalise à quel point Jason a trahi sa confiance, et lui manque de considération, de gratitude. Souvenons-nous qu’il n’est devenu un héros que grâce à elle : c’est grâce à ses pouvoirs magiques qu’il a conquis la Toison d’Or. C’est ainsi que l’énumération «  père trahi, les éléments forcés, d’un frère dans la mer les éléments dispersés » nous rappelle qu’elel est consciente del’horreur des actes qu’elle a commis pour l’homme qu’elle aime : les verbes au participe passé « trahi/ forcés/ dispersés » insistent sur la cruauté de ses actes, elle a renié sa famille, sa loyauté pour Jason, elle est devenue un monstre pour lui. L’anaphore de « lui font-il présumer » fonctionne alors comme une dénonciation de la légèreté de son mari : ce n’est pas parce qu’elle a déjà tué pour luiqu’elle va poursuivre de la sorte. Elle dénonce ainsi la trop grande assurance de cet homme sur la soumission de sa femme, et rappelle l’intensité de ses pouvoirs. Médée, par ce tour d’horizon de sa relation à Jason, réalise qu’elle ne peut pas se laisser faire et que l’arrogance de Jason doit être punie.

 

C’est alors que Médée peut exploser dans sa rage. Le système énonciatif de son monologuechange : alors qu’elle est seule, elle est hantée par Jason et se met à lui parler directement : on remarque le tutoiement « tu t’abuses » et l’apostrophe « Jason ». Elle reprend ensuite leur union en le pronom nous deux fois  dans l’antithèse «  nous sépare »/ « nous a joints » et l’adjectif possessif « notre deux fois dans la redondance « notre mariage » / « notre union » : c’est donc bien...
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