Ortf

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 17 (4045 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 8 décembre 2010
Lire le document complet
Aperçu du document
« L’ère des hommes « aux ordres » du gouvernement commence » a écrit le SNJ dans le livre blanc des journalistes, lorsque Gabriel Delaunay est nommé Directeur Général de la RTF. Cela est très important car le combat pour l’indépendance qui commence ici va concerner toute l’existence de l’ORTF. L’ORTF comprimé par un gouvernement trop présent, privant les journalistes de leurs libertés, lestéléspectateurs de l’information essentielle… Un combat qui se trouve être donc politique.
Le document que nous avons étudié est l’éditorial du n°53 de la revue « Presse-actualité » de novembre 1969 qui traite de la situation de l’ORTF et des problèmes liés à l’objectivité de l’information diffusée.
Nous nous attacherons donc à répondre à la question suivante : en quoi et comment le lien entre l’Etatet l’ORTF a t-il entaché la qualité de l’information ? Nous répondrons à cette interrogation en analysant avant tout les caractéristiques du statut de l’ORTF de 1964 pour ensuite aborder les apports de 1968 et enfin nous nous attarderons les dernières réformes de l’Office.

I. Le statut de 64
A. Le principe
L’ORTF, l’Office de Radiodiffusion Télévision Française, est un organisme crée par laloi du 27 juin 1964 et remplaçant l’anciennement RTF. On ajoute le terme « office » pour montrer une volonté d’octroi d’une certaine indépendance. Car en effet, la loi du 27 juin 1964 était censée apporter plus de liberté. Un exemple concret pour l’illustrer est le contrôle des dépenses, qui contrairement à la RTF, devait se faire à postériori. Le ministère de l’information n’a cette fois plus qu’unsimple pouvoir de tutelle sur la télévision pour assurer les missions de service public définies par la loi. Des missions qui sont de « satisfaire les besoins d’information, de culture, d’éducation et de distraction ». Cependant, le monopole est confirmé par cette loi, et comme justificatif de Gaulle dira d’ailleurs (dans les lettres adressées à son ministre de l’information) « la presse écriteest contre moi, la télévision est à moi ! », ainsi que Pompidou qui déclarera qu’il s’agit de « la voix de la France ».
Le conseil d’administration était composé de 16 membres, dont la moitié était des représentants du gouvernement. De plus, le Directeur Général était nommé par le conseil des ministres. Cela témoigne fortement de la volonté de contrôle dont dispose (et surtout dont souhaite) legouvernement.
Le problème étant que le véritable dirigeant est le ministère de l’information. L’ORTF ne dispose donc que de très peu d’autonomie alors que cela avait été clairement annoncé. La télévision est un outil formidable, à la fois d’expression et également pour forger l’opinion. Le pouvoir, en garantissant les libertés de la presse écrite, a perdu en quelque sorte son pouvoir dessus, unpouvoir de censeur. De plus, l’opposition a clairement conquis ce secteur. Par le biais de l’association de l’image et du son, le gouvernement espère retrouver son influence sur l’opinion publique, grâce aux six millions de récepteurs en France en 1965 (5 414 276 récepteurs en 1964, 10 153 180 récepteurs en 1969).

B. L’intervention du gouvernement dans les programmes
La politique vient donc semêler à l’information afin de l’orienter fortement et l’interventionnisme de l’Etat va être la cause d’un certain discrédit de cette information. Il n’y aura aucune impartialité, les sujets proposés ne seront pas le « reflet aussi rigoureux que possible de l’événement » et cela va poser un grand problème, du côté des journalistes (qui eux sont dans un sentiment de stress constant, de peur,d’autocensure à cause de ce contrôle politique) comme du côté des téléspectateurs (qui ne reçoivent pas l’information telle qu’elle devrait être).
Cependant, on a pu apercevoir des progrès certains, notamment dans le domaine des débats et de l’information pour le public. En 1962, de Gaulle va demander l’instauration de l’élection du Président de la République par suffrage universel, ce qui conduit...
tracking img