Oscar wilde : « l'appellation de livre moral ou immoral ne répond à rien. un livre est bien écrit ou mal écrit. et c'est tout. [...] l'artiste peut tout exprimer. »

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  • Publié le : 21 mars 2011
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Oscar Wilde déclare dans la préface à son roman Le Portrait de Dorian Gray :
« L'appellation de livre moral ou immoral ne répond à rien. Un livre est bien écrit ou mal écrit. Et c'est tout. [...] L'artiste peut tout exprimer. »
Vous commenterez et discuterez ce jugement sur la littérature en vous appuyant sur des exemples précis tirés de genres littéraires divers.

Nombreux ont étéles débats concernant la place de la morale au sein des œuvres d'art. Pour certains, la littérature se doit de transmettre un message voué à éduquer les foules, tandis que d'autres au contraire ne veulent garder d'elle que sa dimension esthétique. Pour cette deuxième catégorie d'auteurs, elle n'a pas à avoir, voire ne peut pas être morale, c'est-à-dire qu'il lui est impossible de transmettre desvaleurs, qu'elles soient communément acceptées ou rejetées. Le postulat premier de l'œuvre littéraire est donc que, en tant qu'œuvre artistique, elle se doit d'être belle. Oscar Wilde dans la préface de son roman Le Portrait de Dorian Gray déclare : « L'appellation de livre moral ou immoral ne répond à rien. Un livre est bien écrit ou mal écrit. Et c'est tout. [...] L'artiste peut tout exprimer.». Ainsi, pour le romancier anglais, peu importent moralité ou immoralité, car seule la qualité du livre prime. A l'époque où Wilde publie ce roman, mouvements littéraires se succèdent, se superposent et le plus souvent s'affrontent ; ainsi réalisme et romantisme ont des visions opposées de ce que doit être la littérature. Dès 1835, la naissance du Parnasse pose les fondations d'un nouvel art,seulement voué à être beau et par lequel le travail de l'écriture même donnerait à l'œuvre toute sa dimension artistique : c'est l'Art pour l'Art. On retrouve bien les aspirations de Wilde : l'œuvre littéraire doit être « bien écrite », rien de plus. Pourtant, les œuvres d'art semblent ne pas être sans compter une dimension morale. Souvent, le lecteur y voit un message, et ce que l'auteur veuilledivertir, informer, ou simplement révéler la beauté de l'art. L'artiste peut-il tout exprimer? Par sa visée esthétique, l'œuvre est-elle dénuée de toute dimension morale? Mais l'art ne se résume-t-il qu'à ces deux dimensions, esthétique et morale?
On commencera par étudier la dimension purement esthétique de l'œuvre littéraire: la beauté vient avant tout. On verra ensuite que l'œuvre ne peut sedissocier du message moral qu'elle transmet, et ce parfois malgré elle, puis on se demandera si l'art ne peut se résumer qu'à ses facettes esthétique et morale.

Oscar Wilde le dit: la qualité d'une œuvre d'art se résume à sa beauté. Peu importe sa volonté d'être morale ou immorale, dans l'œuvre d'art, la forme ne peut que l'emporter sur le fond, et ce car la morale n'est que secondaire dans l'Art.Dans l'œuvre littéraire, la Beauté passe avant tout. C'est ce qui est développé par le mouvement parnassien, qui se veut porteur d'un Art qui serait en dehors de toute forme de visée sociale ou politique, à l'opposé du mouvement romantique, toujouts très présent en 1835, année où fut publié Mlle de Maupin par Théophile Gautier. Dans la préface de ce roman, Gautier énonce la théorie essentielledu mouvement parnassien: l'Art pour l'Art. Certes, l'art est inutile, mais parce qu'il est beau: la beauté est donc la seule vocation de l'art, et toute dimension morale est à proscrire. Pensons aux œuvres qui n'avaient pas vocation artistique mais seulement morale, dont on n'a pourtant gardé que la dimension esthétique et qu'on considère aujourd'hui comme de véritables chefs d'œuvre. C'est le casde l'œuvre de Zola : à l'époque où il rédige le cycle des Rougon-Macquart, l'écrivain veut donner à son œuvre une vocation purement scientifique. Le roman expérimental se veut une « étude du tempérament et des modifications profondes de l'organisme sous la pression des milieux et des circonstances », comme Zola l'évoque dans la préface de la deuxième édition de Thérèse Raquin. Pourtant, loin...
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