Ouragan katrina documentation

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1- L'économie américaine déstabilisée, P.-Y. Dugua, Le Figaro 03/09/2005
Toute l'économie américaine subit l'impact de Katrina. Non seulement au travers des coûts de l'énergie. Mais aussi du fait de la fermeture des ports de la région de La Nouvelle-Orléans. Le secteur agricole est le premier affecté : plus de la moitié des exportations de blé et soja américains transitent en effet normalementpar l'embouchure du Mississippi.
En pleine récolte, les producteurs de l'Iowa, de l'Illinois ou du Minnesota sont en ce moment très inquiets. Ils ne peuvent plus compter sur les énormes barges qui écoulent d'ordinaire leurs denrées. Si, d'ici deux semaines, la circulation sur la rivière de 3 700 km, large de 700 m à La Nouvelle-Orléans, n'est pas rétablie, un cauchemar logistique sematérialisera. Le flux des exportations américaines sera réduit, car il n'y a pas d'alternatives bon marché au transport fluvial de 70 millions de mètres cubes de denrées par an. Le recours au train ou à la route serait nettement plus coûteux. Il faudra donc stocker davantage de grains et trouver de la place dans d'autres ports pour exporter. Cette situation pour le moment a fait chuter les cours des céréales…Mais l'Amérique importe aussi d'autres marchandises par le Mississippi, comme de l'acier, du cuivre et des bananes. Ce flux commercial interrompu affecte notamment le fonctionnement d'usines d'équipements divers, de matériaux de construction et l'étalage des supermarchés. A cause de Katrina, les Américains risquent d'avoir à payer plus cher pour des produits aussi divers que le shampoing,l'asphalte, les fruits, le poisson ou les vêtements de sport.
La perte de 11% de la capacité de raffinage de pétrole des États-Unis à cause de la fermeture que l'on espère provisoire de huit raffineries de la région, ne représente qu'un aspect de la pénurie redoutée. Outre l'essence qui commence à manquer dans certaines stations services, l'industrie chimique déplore par exemple la perte de 50% de laproduction américaine de glycol d'éthylène. C'est en effet dans la zone sinistrée par le passage de Katrina que se trouvent les installations qui d'ordinaire produisent cette substance nécessaire à la fabrication du polyester, notamment utilisé par l'industrie textile.
De leur côté, des compagnies aériennes au bord de la faillite comme Delta Airlines et NorthWest Airlines, sont plongées dansune situation encore plus précaire par la vive augmentation du prix du kérosène et la perturbation de leur trafic. Pour les mêmes raisons, les géants de la messagerie express comme FedEx, UPS et DHL, de leur côté ont déjà annoncé une hausse de leurs tarifs de 5 à 15%.
Dans ce contexte, le déjeuner entre le président Bush et le patron de la banque centrale américaine, Alan Greenspan, jeudi visait àdonner le signal que les autorités monétaires étaient en alerte. Pour le moment, ces dernières jugent que le choc n'est que «temporaire». Elles ne voient pas forcément Katrina faire dérailler une économie dont le taux de croissance dépasse 3%, où le chômage vient de tomber à 4,9%, grâce à 169 000 créations d'emplois le mois dernier. Mais elles savent que l'impact de Katrina sur la confiance estdifficile à juger.

2- Les plus pauvres, premières victimes de Katrina, Philippe Gélie, Le Figaro 03 septembre 2005
Dans leur quartier à majorité noire, à l'ouest de Gulfport, les Ross sont loin d'être les seuls à avoir affronté le cyclone de plein fouet. «C'était plus sûr de rester ! s'exclame George Norris, 47 ans. Surtout quand, comme moi, on n'a nulle part où aller !» Will McNell, 60 ans,avait trouvé refuge avec 200 personnes dans l'école voisine, construite en briques. Sa maisonnette de bois a tenu, mais il n'y a plus d'électricité… Quand on parcourt les zones frappées par la catastrophe, une différence saute aux yeux : dans les quartiers plus ou moins cossus habités par la classe moyenne, on croise des gens propres et secs, revenus inspecter les dégâts ; dans les quartiers...
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