Parfum exotique

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  • Publié le : 28 octobre 2009
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COMMENTAIRE COMPOSE,

PARFUM EXOTIQUE
C. BAUDELAIRE (1821-1867), Les Fleurs du Mal 1857

SITUATION DU TEXTE.

"Parfum exotique", écrit en 1846 est un poème de jeunesse qui n'a été publié qu'en 1857 dans la section "Spleen et Idéal" des Les Fleurs du Mal.
Son inspiratrice est JeanneDUVAL, superbe mulâtresse avec qui il a eu une liaison orageuse de 1842 à 1855. "Parfum exotique" met en évidence le pouvoir magique de son parfum, créateur d'un univers fait d'harmonie et riche en correspondances.
Ainsi, se trouvent associés dans ce poème la femme, le parfum et l'évasion (trois thèmes obsessionnels chez BAUDELAIRE ).
IDEE GENERALE.

Le thème principal de cepoème est l'évasion dans la rêverie du bonheur par l'intermédiaire de la femme.
MOUVEMENT DU TEXTE

Le poème se subdivise en deux grandes parties :
*Vers 1 et 2 : clôture initiale ou l'intimité propice
*Vers 3 à 14 : le déroulement du spectacle
Vers 3 à 8 : l'île
Vers 9 à 14 : le port

EXPLICATION LINEAIRE

·Vers 1 et 2 :

Le poète débute par une clôture pour uneintimité propice à l'extase.
Le regard du poète se ferme à la réalité et le loin en estompe les lignes (cf. le balcon : "la nuit s'épaississait ainsi qu'une cloison"). Le poète ainsi concentré sur son intériorité et blotti contre le sein de sa bien-aimée peut se laisser aller è la magie de son parfum.
Celui-ci va libérer en quelque sorte son esprit (cf. "Comme d'autres esprits voguent surla musique/Le mien, ô mon amour, vogue sur ton parfum".).
Tout est déjà d'ailleurs promesse de bonheur puisque le loin est ‘'chaud'’ et le sein ‘'chaleureux'’. La femme, prétexte au rêve méditation nécessaire va ensuite être absente des visions.

·Vers 3 à 8 :

Ces visions annoncées d'entrée de jeu par "je vois" se prolongent sur six vers et ont une certaine ampleur : ellessont restituées sur le mode syntaxique de l'énumération par la juxtaposition d'éléments qui aboutissent à un tableau.
Le verbe se "dérouler" qui évoque un glissement solennel et mélodieux est renforcé par un mouvement ondulatoire du rythme avec des enjambements (3;4, 5;6) et des éléments phoniques qui se répètent et 'oe' et 'r' et, par la phrase mélodique à forte attaque à l'initiale ("jevois"), au déploiement progressif et au decrescendo final.
Le poète est ici spectateur de la rêverie, spectateur passif d'une rêverie constituée d'éléments visuels qui s'organisent tout d'abord en vue panoramique avant d'aboutir à un effet de zoom (sur la femme). Le spectacle est celui des "rivages heureux", d'une île. Depuis la plus haute antiquité, l'île a fasciné les hommes car ellesymbolisait l’âge d'or.

L'élément primordial de ce passage est la lumière. C' est une "chaude lumière" (cf. L'invitation au voyage) à la fois intense (cf. ‘'éblouir'’), uniforme (cf. ‘'monotone’'), et dont les reflets se multiplient à l'infini ("les feux").
Mais ce paradis baudelairien rappelle une vision païenne (cf. "J'aime le souvenir de ces époques nues") et s'opposeainsi à la modernité et à l'Eden biblique. En effet, la '’paresse’’ s'oppose à l'agitation du monde moderne, à la frénésie du travail comme du plaisir. Elle est nonchalance, abandon, pâmoison.
L'absence du pêché est présente dans "les fruits savoureux", sans arrière goût de pêché ou de remords, dans les êtres préadoniques que sont les hommes, remarquables par leur pureté et leur innocence.
Encela d'ailleurs, ils sont opposés à la laideur des hommes modernes (cf. v.22 : "Ô pauvres corps tordus, maigres, ventrus ou flasque") et à la corruption des femmes (cf. v.25-26 :"Et vous, femmes, hélas, pâles comme des cierges,/ Que ronge et que nourrit la débauche").
Nous sommes ici en présence de la tradition des paradis exotiques où l'homme et la femme vivent en...
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