Parlementarisme

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1- Stéphane Rials, La déclaration des droits de l’homme et du citoyen (présentée par), Hachette, coll. Pluriel, 1988.

p. 154 : « il n’y a pas une « pensée 89 », homogène, simple, univoque ; il y a un espace intellectuel 89 », passablement hétérogène, singulièrement complexe, souvent équivoque et, pour tout dire, mouvant. Comment dire que la Déclaration est définitivement ceci ou cela lorsqueses dispositions furent le plus souvent le fruit d’accords ambigus entre des hommes qui – pour se déplacer dans un champ très général de pensée sur lequel la plupart campaient dans l’indivision – pensaient malgré tout assez différemment les uns des autres, du double point de vue du contenu et de l’exigence de leur réflexion ? »

p. 200 : Citant Mirabeau :
« Une déclaration des droits, si ellepouvait répondre à une perfection idéale, serait celle qui contiendrait des axiomes tellement simples, évidents et féconds en conséquences, qu’il serait impossible de s’en écarter sans être absurde, et qu’on en verrait sortir toutes les Constitutions.
Mais les hommes et les circonstances n’y sont point assez préparés dans cet empire et nous ne vous offrons qu’un très faible essai, que vousaméliorerez sans doute (…] (A.P., p. 438). »

2- Paul Hazard, La crise de la conscience européenne, 1680-1715, Fayard, 1961.

p. 7 de la préface : « La majorité des Français pensait comme Bossuet ; tout d’un coup, les Français pensent comme Voltaire : c’est une révolution. »

3- Abbé Sieyès, Qu’est-ce que le Tiers Etat ? Pamphlet publié en 1789, Paris, Pagnerre, Editeur, 1839. (Ecrituremodernisée).

pp. 110-111 : « On ne m’accusera pas de soutenir la distinction des ordres, que je regarde comme l’invention la plus nuisible à tout bien social. Je ne connais au-dessus de ce malheur que le malheur extrême de confondre ces ordres nominalement en les laissant séparés réellement par le maintien des privilèges. Ce serait consacrer à jamais leur triomphe sur la nation. Le salut publicexige que l’intérêt commun de la société se maintienne quelque part, pur et sans mélange. Et c’est dans cette vue, la seule bonne, la seule nationale, que le Tiers ne se prêtera jamais à l’entrée de plusieurs ordres dans une prétendue chambre des communes, car c’est une idée monstrueuses que celle d’une commune composée de différents ordres. On peut dire qu’il y a contradiction dans les termes. (…)Le projet de deux chambres acquiert cependant parmi nous un si grand nombre de partisans, qu’il y a véritablement de quoi s’en effrayer. Les différences que nous venons de relever sont réelles ; jamais une nation coupée par ordres n’aura rien de commun avec une nation une. »

p. 118 : « Si les seigneurs et le roi ne sont pas des représentants de la nation, ils ne sont rien dans le pouvoirlégislatif ; car la nation seule peut vouloir pour elle-même, et par conséquent se créer des lois. Tout ce qui entre dans le corps législatif n’est compétent à voter pour les peuples, qu’autant qu’il est chargé de leur procuration. Mais où est la procuration, lorsqu’il n’y a pas d’élection libre et générale ? »

pp. 121-122 : « Dans toute nation libre, et toute nation doit être libre, il n’y a qu’unemanière de terminer les différends qui s’élèvent touchant la constitution. Ce n’est pas à des notables qu’il faut avoir recours, c’est à la nation elle-même. Si nous manquons de constitution, il faut en faire une ; la nation seule en a le droit. »

pp. 126-127 : « On voit qu’ici le pouvoir appartient au public. Les volontés individuelles en sont bien toujours à l’origine, et en forment leséléments essentiels ; mais considérées séparément, leur pouvoir serait nul. Il ne réside que dans l’ensemble. Il faut à la communauté une volonté commune ; sans l’unité de volonté, elle ne parviendrait point à faire un tout voulant et agissant. Certainement aussi, ce tout n’a aucun droit qui n’appartienne à la volonté commune.
Mais franchissons les intervalles de temps. Les associés sont trop...
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