Particularites du francais enirchit par les africanismes

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  • Publié le : 18 décembre 2011
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Des enrichissements régionaux
Les variantes et les enrichissements régionaux sont les éléments constitutifs d'une norme propre au français en Afrique, « à la fois mangue et abricot »".
Cette variété régionale de français, qui est conforme à une norme locale implicite, assure les fonctions de langue véhiculaire entre les immigreés francophones appartenant à la classe moyenne lettrée. Il s'agitd'une variété fonctionnelle de français qui, tout en étant proche du niveau standard, comporte des régionalismes.
Ces particularités touchent des mots et des sens; elles peuvent être aussi de nature grammaticale ou stylistique. Emprunts et néologismes ; restrictions, extensions de sens et métaphores ; changement de genre ou de catégorie grammaticale ; différences de niveau de langue ou deconnotation... En voici quelques exemples : amante a le sens de « petite amie »; arachide est plus fréquent en Afrique qu'en France et couvre parfois les emplois de cacahuète; latérite, « roche rouge ou brune des plateaux des régions tropicales », est considéré comme une particularité par sa fréquence et parce qu'il relève de la langue courante en Afrique, alors qu'il est spécialisé en françaiscentral; banco, harmattan, balafong, badamier, yassa, poto-poto, djembé sont considérés comme des emprunts et des néologismes liés à la nécessité de dénommer des réalités étrangères à la civilisation de l'Hexagone. Quant à absenter quelqu'un, coépouse ou co-épouse « épouse d'un polygame, par rapport aux autres épouses du même homme », et bureaucrate, dans le sens non péjoratif d'« employé de bureau », cesont des particularités qui relèvent respectivement de la syntaxe, de la forme des mots et du sens.
Ces mots et ces sens particuliers au français d'Afrique sont nombreux et ont fait l'objet d'un relevé assez exhaustif (dont on trouve une bonne partie dans l'Inventaire des particularités lexicales du français d'Afrique noire). C'est pourquoi, dans le français courant d'Afrique qui n'est ni un «petit français » ni un « français populaire », mais un français qui a su s'intégrer dans un tissu socioculturel authentiquement africain, on rencontre un important lexique dont l'acceptabilité ne pose pratiquement plus de problème. Les expressions comme : école coranique, « école religieuse musulmane où l'on enseigne l'arabe et le Coran »; calèche, « voiture découverte à deux roues et une seulebanquette tirée par un cheval », contrairement au français central où le terme est réservé à une voiture à quatre roues munie à l'arrière d'une capote à soufflet ; descendre, « quitter le travail ou l'école »; dibiterie, « lieu où l'on prépare et où l'on vend de la viande grillée »; marier, dans le sens d'« épouser »; et celles qui sont la marque de l'influence des langues nationales sur le françaiscomme : chercher une femme (wuut jabar), « avoir l'intention d'épouser la fille à laquelle on vient faire la cour »; payer leur travail (fay seen ligèy) « verser en guise de rémunération la somme convenue pour l'exécution d'un travail »; travailler quelqu'un (marabouter, envoûter) ; choisir de rompre, « divorcer », dans le sens wolof de tas ; faire ou défaire mes tresses (mu lettma mba mu firima),« m'ôter un doute, dire clairement les choses », sont « accessibles »à tout africains francophones.
Une coloration africaine
Ces faits de langue montrent également que les Africains, ayant adopté la langue française au lendemain des indépendances, se sont réellement approprié cette langue tout en conservant leur tradition et leur culture. En conséquence, le français a été, dans la plupart descas, adapté aux réalités locales. Cette nouvelle mission du français, qui consiste à véhiculer les valeurs culturelles et linguistiques dont les Africains ont indéniablement besoin, explique et alimente la norme linguistique que certains écrivains revendiquent très clairement. Massa Makan Diabaté, auteur de la célèbre Trilogie de Kouta, déclare ainsi : « J'essaie de donner à mon français, qui...
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