Partie de "a une passante" de baudelaire

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  • Publié le : 28 juin 2010
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A une passante (suite) Baudelaire

III Violence et rapidité du coup de foudre
---S’il est clairement identifiable au vers 9 (« Un éclair…puis la nuit ! »), il n’en est pas moins présent dès le vers 6 :
« Moi, je buvais,…dans son œil…: le verbe suggère le regard intense, avide du poète déjà épris. Notez cependant que le sens reste ambigu. Ce verbe signifie-t-il que lepoète est à la recherche de ces promesses évoquées au vers 8  (« douceur…plaisir… »)? Ou qu’il les a reconnues dans cet « œil » ?
La construction particulière de la phrase, du vers 6 au vers 9 dramatise (au sens de : entretenir un suspense) par ailleurs l’échange des regards : sujet+verbe+apposition+complément circonstanciel+apposition et enfin seulement les COD : « La douceur…le plaisir… ». Cettesyntaxe complexe (attention à la lecture…) témoigne aussi du désordre intérieur causé par l’apparition.
---Le coup de foudre s’exprime surtout par la métaphore de l’éclair au vers 9 (songez au sens originel de l’expression « coup de foudre »…que l’on finit par oublier tellement l’expression est usée). Elle suggère un véritable choc (presque électrique), un éblouissement (lumière fulgurante del’éclair) mis en valeur qui plus est par l’antithèse qui suit : « puis la nuit », comme si l’obscurité totale succédait à cette apparition, comme si tout disparaissait avec elle, le poète en restant aveuglé.
La ponctuation (point d’exclamation) renforce l’intensité du moment : « Un éclair…puis la nuit ! ». Le point de suspension (très légère pause à la lecture) marque l’instant de la disparition etle tiret qui suit le point d’exclamation met en relief le vide, le néant qui succède à cet éblouissement. Notez aussi le rythme heurté du vers 9 (3 /3/6) et le contre-rejet (« Fugitive beauté Dont le regard…) qui relie étroitement le vers 9 au vers 10 ; ce rythme traduisant également la forte émotion du poète. Ici aussi, attention à la lecture…
IV L’émotion du poète
---Elle est teintée d’unsentiment d’échec :
.le titre à lui seul annonçait l’impossibilité de l’aventure.
.le verbe « passer » est repris au vers 3 : « Une femme passa… » et marque le caractère éphémère de la rencontre.
.une idée de fuite s’attache à la jeune femme : « Fugitive beauté…Car j’ignore où tu fuis… »
.le poète, lui, est réduit à l’immobilité, « crispé » (ce qui s’oppose nettement au mouvement de lapassante).
--- L’émotion est marquée par l’emploi du tutoiement comme si le poète tentait un rapprochement qu’il sait illusoire. Le rapprochement tente de se faire également par les pronoms entrelacés au vers 13 : « j’…tu…tu…je… », rapprochement qui ne se fera que dans les mots…
. par l’interrogation douloureuse du vers 11 (on retrouve ici le sentiment de perte, fréquent chez Baudelaire) 
.par laponctuation expressive du vers 12 qui exprime la désespérance dans un lyrisme solennel, désespérance causée par un éloignement fatal aussi bien dans l’espace (« bien loin d’ici ») que dans le temps (« trop tard ! « jamais » souligné par l’italique). Noter aussi le rythme heurté de ce vers (2/4/2/4).
---Elle est liée au sentiment de la fatalité qui pèse sur la vie humaine et est particulièrementsensible dans les deux derniers alexandrins . Ils ont deux hémistiches très ressemblants (parallélismes de construction et césure à l’hémistiche)) qui créent un rythme très régulier ce qui contribue à leur tonalité lyrique. La profusion des monosyllabes, par ailleurs, au vers13 (ou/tu/fuis/tu/ne/sais/ou/je/vais ) marque avec force la séparation irrémédiable de deux destins. Le regret poignantd’une relation avortée s’exprime enfin par l’emploi du conditionnel passé et l’invocation : « O toi que j’eusse aimée… ». Reste la part de rêve de ce qui aurait pu exister entre ces deux êtres séparés à jamais, rêve auquel le poète invite le lecteur.

Quelques remarques annexes sur ce poème :
-La postérité a souligné le caractère moderne de ce poème parce qu’à la suite d’Edgar Poe,...
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