Pascal et la justice

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  • Publié le : 20 mars 2011
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Pour P, la question politique décisive n’est pas la question de la décision politique. Que faire ? Que convient-il de faire de la part de ceux qui sont la tête de la communauté politique ? Comment diriger une communauté politique ? Ce sont des questions qui ne sont pas pertinentes pour Pascal. Ce n’est pas la décision politique comme telle qui constitue l’intérêt q Pascal attache… La questionpolitique décisive pour Pascal est la question décisoire. … A qui revient-il d’être à la tête de la communauté politique ? Qui est habilité à détenir l’autorité politique ? Seulement, nous pourrions dire que la réponse donnée à la question décisoire appelle à la considération de la question de la décision politique. Si telle direction politique est légitime, qu’a-t-elle à faire ? Ce n’est pas ainsique Pascal considère la vie politique ? Parce que la question de l’autorité politique est mise en rapport par P avec un intérêt ontique. La question politique pertinente est la suivante : quelle est la réalité de l’ordre politique ? Demander quelle est la réalité de l’ordre politique, c poser la question par quoi l’ordre politique tient-elle, qu’est-ce qui lui donne sa consistance ? Quelle seraitle principe qui ferait tenir l’ordre politique ? Réponse : le principe qui ferait tenir l’ordre politique est la justice. Or à la question du principe de l’ordre politique il faut répondre ainsi : les h ne savent pas ce qu’est la justice. Et il faut tirer pour P toutes les conséquences de l’ignorance des hommes s’agissant du principe de l’ordre politique qu’est la justice. Le philosophème pascalienest le suivant : dès lors que l’ordre politique est une réalité qui n’a pas de principe, 1 une communauté politique tient par l’imagination, 2 le fondement de l’autorité politique est l’imagination. Quelle en est la conséquence ? C’est non seulement être lucide à l’égard de l’ordre politique, mais c aussi être volontaire à l’égard de l’ordre politique. L’enjeu de la considération communautépolitique n’est pas seulement théorique, mais aussi pratique : il faut nous décider au sujet du consentement que nous avons ou que nous n’avons pas donné à l’autorité politique ; Dès lors que nous sommes lucides à l’égard de l’ordre politique, dès lorsque nous comprenons que l’ordre politique tient par l’imagination il faut non pas mettre en cause l’autorité politique établie mais lui donner notreconsentement. De l’absence du principe qu’est la justice au consentement à l’autorité établie la conséquence est bonne. L’ambition pascalienne est de comprendre l’ordre politique, cad la réalité que constitue la vie politique, par l’imagination, qui est la vérité de cet ordre, qui donne à cet ordre son sérieux, sa consistance, et de retenir une leçon pratique de cette compréhension. Il ne faut pasremettre en cause l’efficace politique de l’imagination, sauf à mettre en péril l’ordre politique puisqu’il tient par le pouvoir de l’imagination, et donc il faut conforter l’autorité politique établie qui n’a ce statut que par l’imagination. Il faut tirer ainsi les leçons de la lucidité à l’égard… Il faut conforter le pouvoir d de l’imagination.

Comment Pascal procède-t-il ? Selon P les hommessont en général capables du vrai, mais les hommes ne sont pas capables en particulier du vrai politique. Si les hommes sont en général capables du vrai, c sans doute par des hommes singuliers que sont les savants. Et si les hommes sont en particulier capables du vrai politique cette incapacité est commune aux h : nul h ne peut avoir l’audace de prétendre posséder la vérité politique, cad laconnaissance du juste. Il faut mettre en regard deux séries d’assertions : d’un côté : « Un méridien décide de la vérité. En peu d’années de possession les lois fondamentales changent, le droit a ses époques… Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà. » D’un autre coté : « Nous connaissons la vérité non seulement par la raison mais encore par leur cœur. C’est de cette dernière sorte que nous...
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