Pascal religion

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  • Publié le : 8 mai 2009
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UNE APOLOGIE DE LA RELIGION CHRÉTIENNE.

Si Pascal place au c' ur de ses Pensées la Grandeur et la Misère de l’homme, c’est dans un but apologétique. Il s’inscrit en effet dans un courant de l’Eglise qui est la Défense de la Religion (cf. Saint-Augustin).
Pascal avait en effet prononcé une conférence à Port-Royal au cours de laquelle il avait semble-t-il définit lesgrandes lignes de sa future apologie de la religion chrétienne. Il s’agit pour lui de s’adresser aux hommes mais plus particulièrement aux libertins, afin de les convaincre de la valeur de la religion catholique.
En effet, il exploite un argument personnel, celui des « contrariétés » pour montrer qu’aucune philosophie n’est pas capable d’expliquer ces dernières, qui ne peuvent selonl’auteur se résoudre que dans la Foi et le Christianisme.

I. Les Contrariétés.

Les contradictions de l’homme constituent un argument essentiel dans la pensée pascalienne, que l’auteur exploite massivement. On a vu que l’homme est à la fois grand et misérable, et cette dualité constitutive de l’homme se manifeste dans l’' uvre de manières diverses.

A. Uneétrangeté constitutionnelle de l’homme.
L’homme est un être monstrueux par son aptitude à penser qui s’oppose à la bassesse de ses désirs. Pascal évoque chez l’homme deux instincts contraires, ou « deux natures opposées ». En effet, l’homme adhère à la lourdeur de la terre tout en aspirant à la légèreté et à la perfection. Cette dualité va se traduire par un double mouvement ascendant etdescendant : l’homme n’est ainsi « ni ange ni bête », mais il est un petit peu des deux. Cette dichotomie de l’homme va se traduire dans les Pensées par l’emploie fréquent de la conjonction « et » qui va prendre la valeur adversative de « mais » - « Nous avons une idée du Bonheur et nous ne pouvons y arriver » (frg. 122) ; « Il croit chercher le repos et ne cherche que l’agitation » (frg. 126),cf. La jointure du paradoxe d’A. Bégain). C’est ce qu’on appelle la palinodie. Cette figure de style est ainsi extrêmement présente chez Pascal, mettant en exergue les contradictions humaines : « Les hommes sont tous ensemble indigne de Dieu et capable de Dieu". Pascal rejoint ici les moralistes du XVII° siècle pour qui l’homme est déroutant. Le mot « étrange » est récurrent dans le vocabulairepascalien (frg. 129, 185, 398, etc.) L’homme est donc selon Pascal un « monstre incompréhensible » (frg. 121) + « Que nous crie donc ce chaos ? » (frg. 194). L’homme est une sorte d’oxymore biologique du fait de ces contradictions.
B. L’homme est aussi un milieu « entre rien et tout ».
La conception de l’univers comme un univers infini est récente au XVII°, et conduit àune déstabilisation de l’homme, qui n’est plus au sein d’un monde immuable et rassurant. Pascal, en tant que scientifique, analyse cette notion qui montre encore une fois la dualité de l’homme. En effet, l’homme est un « égaré dans ce canton de la Terre », mais l’auteur montre également qu’il est un colosse par rapport à l’infiniment petit auquel le microscope permet récemment d’accéder. Il est untout à l’égard du néant de ce point de vue, mais reste un rien par rapport au grand tout de l’univers. La place de l’homme est donc bien un entre-deux, car il est coincé. L’homme prend alors conscience du tragique de sa condition et doit se résoudre à sa finitude. Pascal provoque donc un vertige chez le lecteur (frg. 185 ou 43) qui doit le ramener à se tourner vers Dieu et à rallier la réalitéqui est la sienne. En effet, le salut ne peut se trouver que dans la Foi qui est seule capable d’expliquer les contradictions de l’homme et lui restitue son unité perdue. Les différentes philosophies sont en effet impuissantes face à ces contrariétés.

II. Des philosophies incomplètes.

Pascal s’en prend ici à deux systèmes philosophiques que sont le dogmatisme et le...
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