Pascal

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  • Publié le : 28 mai 2011
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Pascal, dans cet extrait du deuxième discours de son œuvre Trois discours sur la condition des Grands, nous explique ce que les hommes considèrent comme des grandeurs et des valeurs. Sa thèse affirme qu’il y a deux ordres de grandeurs – les grandeurs d’établissement et les grandeurs naturelles- qui inspirent respectivement à deux types de respects : respect d’établissement et respect naturel.Dans son explication, Pascal établit un jugement paradoxal à propos des respects d’établissement ; en effet, ceux-ci doivent, nous dit-il, « être néanmoins accompagnées, selon la raison, d’une reconnaissance intérieure de la justice de cet ordre ». L’auteur affirme que l’on doit se conformer aux normes sociales mais aussi reconnaître le bien-fondé, la justice. Or il est scandaleux qu’il faillereconnaître la justice d’un ordre arbitraire. Comment Pascal peut-il dire qu’un ordre est le fruit de la fantaisie des hommes, arbitraire et également juste selon la raison ? N’y-a-t’il pas une contradiction dans la pensée de l’auteur ?
Nous étudierons tout d’abord les deux sortes de grandeurs ainsi que leur respect respectif puis nous tenterons d’élucider le paradoxe et de prouver qu’il fait sens.Pascal nous explique tout d’abord qu’il y a deux ordres de grandeur, chacun ayant une fonction spécifique qu’il faut reconnaître. Le terme de « grandeur » signifie ce que les hommes reconnaissent comme une valeur, une supériorité ou une dignité. La distinction se fait entre ce qui est par nature et ce qui est par convention. Ainsi, nous apprenons qu’il y a les grandeurs naturelleset les grandeurs d’établissement.
L’auteur nous parle d’abord de ces dernières qui se caractérisent par leur relativité. Ce sont toutes les grandeurs que les hommes sont convenus, par des accords tacites ou explicites, d’instituer comme telles. Une convention est en effet ce qui découle de la décision humaine. Elles sont fondées sur les choix humains. (« … dépendent de la volonté des hommes. »)Pascal nous montre le caractère contingent et arbitraire de ces ordres sociaux institués par l’homme : « En un pays, on honore les nobles, en l’autre les roturiers ; ». Ce sont là des conventions propres à chaque société. En nature, personne n’a le droit de promouvoir de la sorte une quelconque supériorité, c’est donc la volonté des hommes qui en décide ici. L’auteur est très clair sur ce qui estau principe de ces grandeurs (« Parce qu’il a plu aux hommes. ») et affirme qu’elles n’ont pas d’autre justification que le bon plaisir des peuples. Avec cette notion de plaisir, les institutions s’enracinent dans la sphère des désirs ou des concupiscences et dans la puissance de l’imagination. Il ne peut pointer davantage la relativité et l’arbitraire des ordres politiques et donc de la justice.Le philosophe nous explique qu’avant la convention, il n’y a rien, ni juste ni injuste ; mais dès que ces grandeurs ont force de loi, le juste s’identifie au respect de la légalité et l’injuste à l’illégalité. Cependant, cela est valable dans une société et une période donnée. Nous comprenons donc que l’important est la capacité des conventions à promouvoir l’ordre social et non la rationalité del’accord. C’est de ce point de vue que l’on appelle injustice ce qui menace la stabilité des institutions, ce qui est facteur de désordre, de violence. Ensuite, Pascal nous parle des grandeurs naturelles, par opposition aux grandeurs d’établissement, dépendantes de la volonté des hommes. Celles-ci sont fondées en droit et en raison et sont indépendantes de l’arbitraire humain ainsi que de sarelativité. Elles s’inscrivent dans une réalité objective et seule une raison libérée du préjugé peut en saisir la nécessité et l’universalité. Le texte parle de « qualités réelles et effectives de l’âme ou du corps », ce qui signifie des supériorités objectives en soi, qui doivent être reconnues par tout esprit normalement constitué. De plus, « réel » s’oppose à « fictif » ; le fictif n’existe que...
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