Passage

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  • Publié le : 5 mars 2010
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Le grand Hector au casque scintillant lui
répondit :
« Moi aussi, femme, tout cela m’inquiète ;
mais affreusement je redoute les Troyens et lesTroyennes aux voiles traînants, si, comme un
lâche, je fuis le combat. Mon coeur, d’ailleurs,
ne m’y pousse pas, car j’ai appris à être brave,toujours, et à combattre au premier rang des
Troyens, pour soutenir la grande gloire de mon
père et la mienne. Je le sais bien, moi-même,
en mon âmeet en mon coeur : un jour viendra
où périront Ilion la sainte, et Priam, et le peuple
de Priam à la forte lance. Mais je m’inquiète
moins, pourl’avenir, de la douleur des Troyens,
et d’Hécube même, ou du roi Priam, ou de mes
frères qui, nombreux et braves, tomberaient
dans la poussière sous lescoups des guerriers
ennemis, que de ta douleur, à toi, quand un
Achéen vêtu de bronze t’emmènera, toute en
pleurs, mettant fin pour toi aux joursde liberté.
En Argolide, sous les ordres d’une autre, tu
tisseras la toile, tu porteras l’eau de Messeis ou
d’Hypérie, bien à contre coeur, accabléepar la
rude nécessité. Et l’on dira, en voyant couler tes
larmes : « Voilà la femme d’Hector, qui excellait
au combat parmi les Troyens dompteursde
chevaux, quand on se battait autour d’Ilion. »
Ainsi l’on dira, et ta douleur sera renouvelée de
manquer d’un homme comme moi pour écarter
detoi le jour du servage. Mais que je sois mort, et
qu’un monceau de terre me recouvre, plutôt que
d’entendre tes cris et de te voir entraîner ! »
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