Paul farmer

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  • Publié le : 14 avril 2011
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P. Farmer, 2006, Fléaux contemporains. Des infections et des inégalités. Paris, Economica/Anthropos


Sommaire
L’auteur et ses théories 3
L’anthropologue et son terrain 4
Critiques et débat 7


L’auteur et ses théories
Un parcours placé sous le signe de l’engagement humanitaire
Paul Farmer est un médecin anthropologue américain né en 1959. Diplômé de Harvard et toujours professeurdans cette université, il partage actuellement son temps entre son travail d’enseignant dans le champ de l’anthropologie médicale, la moitié de l’année et son travail de médecin et de chercheur en Haïti, le reste du temps. Il est également responsable du département de médecine sociale à l’hopital Brigham and Women’s et a reçu de nombreux prix tels que le Mac Arthur Fundation Genius Award et letitre de Professeur invité au Collège de France en 2001.
Farmer est très engagé sur le terrain et est à l’initiative de plusieurs projets associatifs dans les pays pauvres. Il fonde Partners In Health avec quatre collègues médecins, juristes et scientifiques en 1987. Il s’agit d’une ONG chargée de favoriser l’accès aux soins des plus pauvres dans les pays du sud dont les premières missions prennentplace dans les plaines centrales en Haïti. Farmer est également co-fondateur de l’Institute for Justice and Democracy in Haïti qui a pour but d’accompagner les Haïtiens dans la lutte non violente pour la démocratie, la justice et les droits de l’Homme dont le siège est basé à Boston.
Bien qu’il ait travaillé dans de nombreux pays comme le Pérou, le Rwanda, le Malawi, le Lesotho ou encore laRussie, Haïti est le principal terrain de Paul Farmer qui y travaille depuis plus de vingt ans. Il y est directeur d’un hôpital privé à but non lucratif situé sur le plateau central de l’île. Ses principaux travaux portent sur les maladies infectieuses, telle que la tuberculose, maladie de la précarité et de l’insalubrité par excellence, ainsi que sur le VIH.
Une œuvre manifeste
Farmer définit cetexte comme « ni médical, ni ethnographique » bien qu’il repose sur un travail ethnographique plus ancien, mais comme un engagement protestataire, à tel point que l’intégralité des droits de l’ouvrage est reversée au projet Initiative pour l’équité face au VIH. L’auteur dénonce les fléaux de l’époque, dont le plus grand est les inégalités, engendrées par une médecine à deux vitesses absolumentintolérable. Farmer parle en effet d’une « sous médecine réservée aux pauvres » et révèle l’absurdité du rapport coût/efficacité défendu par les pays industrialisés. L’objet de ce texte est de révéler ce que les systèmes de pensée dominants cachent sur l’émergence des maladies et contient une violente critique de l’économie de marché prônée par les pays du nord. A ce titre, Paul Farmer énonce dès lapréface à la deuxième édition cinq revendications qui constituent la trame de ce livre :
• « Les soins ne doivent pas être considérés comme l’apanage des pays riches ». L’économie ne sert pas l’équité sanitaire mondiale.
• Le rapport coût/efficacité n’est pas un critère d’évaluation des politiques de santé publique.
• « La recherche contre le sida doit intégrer la notion de justice sociale. »
• «Les politiques de préventions doivent être plus efficaces. » Nous n’avons jusqu’à aujourd’hui pas de preuve que cela diminue le risque d’infection VIH parmi les populations pauvres. La pauvreté est le principal obstacle au libre-arbitre, bien avant l’ignorance.
• Le manque de moyens n’est plus acceptable.
Au regard de ces précisions, on comprend la thèse de l’auteur à la simple lecture du titrede l’ouvrage. Les inégalités sociales sont le pire des fléaux contemporains puisqu’elles sont à l’origine des inégalités sanitaires et engendrent les maladies infectieuses.


L’anthropologue et son terrain
Une position sur le terrain analysée et justifiée
Le principal terrain dont il est question dans l’œuvre est le village de Do Kay à Haïti. Farmer arrive à Haïti en 1983, non sans...
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