Paul mccarthy

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  • Publié le : 14 décembre 2010
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Paul McCarthy

Nous allons nous intéresser au sujet d’un artiste américain encore actif, Paul Mccarthy, né après guerre en 1947 dans l’Utah, qui s’investit particulièrement dans les domaines de Performance, Vidéos et Installations Plastiques. Issu de formation artistique telle que le San Francisco Art Institute et l’University of Southern California, il donna même des cours à l’Université deCalifornie à Los Angeles dans les domaines qu'’il pratique. En l’occurrence, l’artiste très critiqué du public procure des œuvres très intenses, dans lesquelles il utilise sa propre personne pour critiquer le rêve américain de terreur et de luxure et de dénoncer la société de consommation. Il qualifie très justement ses réalisations bien souvent improvisées, agencées par un traumatisme mental : «La plupart de mes pièces traitent de la question de l’initiation, de l’innocence à la culture », et d’ajouter : « j’ai toujours été intéressé par la répression, la culpabilité, le sexe et la merde ». Nous orienterons notre étude de cet artiste controversé à l’aide de 5 thèmes s’interpénétrant dans ses travaux, à savoir :  Le symbolisme du corps dans son œuvre  Sa vision critique de la société etson industrie.  La culture et l’apprentissage engendrant le déséquilibre psychique.  Les sujets « trash » ou « gore » qui habitent ses créations.  La remise en question du statut de l’artiste.



Le symbolisme du corps dans son œuvre

Paul Mccarthy, étudiant, déjà fait référence au Saut dans le vide (1960) d’Yves Klein dans une de ses performances: il saute depuis une fenêtre du secondétage (Sudden Leap 1968) Sauf que bien sur il ne s’agit pas d’un envol comme le photomontage d’Yves Klein le laisse présager mais bel et bien d’un écrasement au sol, une chute.
Paul McCarthy, «Je commençais à voir cette chute et ce saut d'un balcon comme des métaphores ou comme des œuvres d'art et je faisais le lien avec Klein» 1

La chute du corps sera reprise dans ses travaux comme TooSteep, too fast (1968) où il descend en courant une grande pente et tombe. Il tirera ainsi ses recherches vers des aspects plus sombres du corps comme des scènes orgiaques, de désir, plaisir ou taboues. Dans Facepainting (1972) par exemple, il traine son corps au sol pour créer une ligne avec de la peinture blanche ou encore en trempant son pénis dans la peinture pour l’utiliser comme pinceau. Celaexprime très clairement le lien entre le sexe et la peinture.

Face painting-Floor, White line (1972) Performance

Penis Dip Painting (1974) Performance Video

Ces performances décadentes font parodie de l’expressionnisme abstrait américain tels que les drippings de Pollock ou les empreintes d’Yves Klein. Mais c’est dans une vidéo de la performance Sailor’s Meat (1975) que Mccarthy va donner unchangement esthétique, d’abord par la couleur puis par les matériaux qu’il commence à employer et qui seront réutilisés au fil de plusieurs œuvres : ketchup, mayonnaise, chocolat, viande crue. Déjà, il commence par se travestir, comme dans cette vidéo où il est coiffé d’une perruque blonde et déguisé avec des sous-vêtements féminins. L’artiste nu se met à se caresser, se flageller, puis simulerune masturbation féminine avec du bifteck haché ou des hots dog. Par la suite, dans d’autres pièces similaires, il fait un clin d’œil à Disneyland, établissement si propre en apparence qui fait dictature de l'hygiène.

1

(traduction L. Pearl). fn «There's a Big Différence Between Ketchup and Blood, Interview with Marc Selwyn» (3993), cat. Paul McCarthy, Phaidon, London p. 128. (1996) L’utilisation de fluides imitant ceux du corps, tabou de ce dernier, évoque une peur du sexe, de la mort, et de la perte de contrôle. Ses vidéos sont bien souvent violentes ou sales autant les premières en noir et blanc que jusqu’aux années 80 proches de la pornographie ou des séries B. Cette dépravation et cette souillure vont devenir le vocabulaire de McCarthy.

Sailor’s Meat (1975) Performance...
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