Paysage

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 7 (1639 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 24 mai 2010
Lire le document complet
Aperçu du document
Introduction :

* "Paysage" est le poème liminaire de la section intitulée "Tableaux parisiens". Dans ce premier poème, Baudelaire définit sa démarche poétique et ses sources d'inspiration. Il présente ici le contexte de création poétique, la ville. Il précise comment le réel se métamorphose, et fait comprendre au lecteur la nécessité de la solitude et de l'isolement pour le poète. Le poèmeest construit en deux strophes irrégulières d'alexandrins : la première est un huitain et la seconde une strophe de 18 vers. L'utilisation des rimes plates donne une impression de simplicité.
* Enjeu du texte : Le poème se présente comme un art poétique définissant la démarche du poète tout en la mettant en oeuvre.



I - Le huitain : " La poésie urbaine "

Vers 1-2 : " Je veux, pourcomposer chastement mes églogues,
Coucher auprès du ciel, comme les astrologues "

* Le poème s'ouvre sur la présentation des lieux de cette inspiration poétique. La poète voit ce qui constitue la matière de son inspiration. Le travail poétique dépend de sa volonté. Tous les termes se rapportent à la nature ("églogue", "coucher auprès du ciel") qui permettent à Baudelaire de montrer que lapoésie urbaine sera l'équivalent de celle de la nature. Il y a, dès le début du poème, une volonté ironique de la part de Baudelaire par les termes "chastement" et "églogues". Le premier évoque la solitude alors que le second est un poème champêtre.
* Le "Je veux", au tout début du poème, est une sorte de défi, de détermination que Baudelaire lance à la poésie.
* Le poète arrive par lapuissance de sa sensibilité et de son imagination à interpréter les signes.

Vers 3-4 : " Et, voisin des clochers, écouter en rêvant
Leurs hymnes solennels emportés par le vent. "

* Baudelaire est sensible à l'infini du ciel. Il y a une qualité d'ascendance : "rêvant" est une ouverture de l'imagination, "hymnes solennels" rappelle "La Vie antérieure". L'univers est un univers spirituel.La sonnerie des cloches, qui est une perception auditive, est le point de départ de l'ascension.

Vers 5-6 : " Les deux mains au menton, du haut de ma mansarde,
Je verrai l'atelier qui chante et qui bavarde "

* L'atelier connote une activité bourdonnante des hommes et les deux relatives soulignent l'habitude de la méditation. La mansarde montre les conditions matérielles du poète à logersous les toits, mais le poète a besoin de s'éloigner des plaisirs du monde ("chastement"). Il y a donc une supériorité spatiale et spirituelle du poète qui n'est pas mêlé à la foule, au commun des mortels. Cependant, l'imagination ne l'écarte pas des hommes et le renvoie à la contemplation.

Vers 7-8 : " Les tuyaux, les clochers, ces mâts de la cité,
Et les grands ciels qui font rêverl'éternité. "

* Ces deux vers présentent une énumération composée de métonymies : "Les tuyaux" pour les cheminées des usines, et "les clochers" pour les édifices religieux.
* Le terme "Mât de la cité" est une métaphore qui assimile la ville à une gigantesque nef, évoquant ainsi le monde des voyages. Les allitérations et les assonances créent la musicalité.
* Le terme "Les ciels" appartientau vocabulaire pictural.
* "Qui font rêver l'éternité" : les lignes verticales montrent le mouvement ascensionnel vers les cieux.



Cette inspiration urbaine est soumise à des choix qui expliquent de façon lyrique ce que Baudelaire retient du monde qui l'entoure et qu'il rejette. La transformation musicale est faîte par les bruits de la ville et des clochers. Toutes les perceptionsauditives sont modifiées dans un sens musical, et de même pour les perceptions visuelles. Le mot "cité" est une métaphore, qui exprime un monde idéalisé créé par la confusion de la ville, du ciel, et de la mer.



II - Les 18 vers : 4 tableaux

L'enchantement résume les images oniriques et ouvre la seconde strophe du poème constituée de quatre tableaux, expression d'un petit art poétique....
tracking img