Pensées de blaise pascal

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  • Publié le : 30 octobre 2009
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La problématique d'ensemble que pose ce texte est celle de la définition même du moi (ego), en tant que sujet ou personne. Pascal, qui notera ailleurs que "lemoi est haïssable", s'interroge ici sur ce qui peut en constituer l'essence, voire même si cette essence ne serait pas inaccessible à la conscience de soi etdu soi des autres. En clair, c'est tout le problème de la subjectivité qui se dresse à nous, quel que soit l'angle par lequel nous essayons de définir cequ'est notre "personnalité" (notre être personnel propre) (...)

Sommaire:

Introduction

I) Un "Je" spectateur
II) La distance entre l'être et ses qualitésIII) Un "moi" qui n'est pas seulement corporel

Conclusion

Texte étudié:

Un homme qui se met à la fenêtre pour voir les passants, si je passe par là,puis-je dire qu'il s'est mis là pour me voir ? Non, car il ne pense pas à moi en particulier. Mais celui qui aime quelqu'un à cause de sa beauté l'aime-t-il ?Non : car la petite vérole, qui tuera la beauté sans tuer la personne, fera qu'il ne l'aimera plus.
Et si on m'aime pour mon jugement, pour ma mémoire,m'aime-t-on moi ?
Non, car je puis perdre ces qualités sans me perdre moi-même. Où est donc ce moi, s'il n'est ni dans le corps, ni dans l'âme ? et comment aimer lecorps ou l'âme, sinon pour ces qualités, qui ne sont point ce qui fait le moi, puisqu'elles sont périssables ? Car aimerait-on la substance de l'âme d'unepersonne, abstraitement, et quelques qualités qui y fussent ? Cela ne se peut, et serait injuste. On n'aime donc jamais personne, mais seulement des qualités.