Penser est ce dire non ?

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  • Publié le : 8 novembre 2010
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La capacité de penser est ce qui différencie principalement l'homme de l’animal «Je pense donc je suis» Descartes. Or l'acte de penser peut se présenter sous trois démarches intellectuelle différentes. La première est celle de la simple représentation.  Ainsi, si je pense à quelque chose, je l'imagine:(ex: maison) Penser, c'est aussi, conceptualiser (ex: maison, avantage et inconvénients) Maisl’acte de penser, c'est aussi et surtout celui de juger, d’émettre un avis: lorsque nous prenons position sur l’une ou l’autre question ou lorsque nous faisons des choix délibérés, nous pensons que les choses doivent être ainsi que nous le déclarons. Nous recherchons notre vérité.
Doit-on considérer que la pensée, si elle se caractérise par une prise de position, consiste en un «non», en unedistanciation critique par laquelle nous refuserions une certaine façon de voir les choses?
Pour pouvoir répondre au plus juste à cette question (Penser, est-ce dire non?), nous aurons à nous en poser successivement trois autres. En quoi le jugement peut-il être conçu comme étant un refus ? En quoi, toutefois, ne saurait-il s’y réduire ? Et, enfin, en quoi la pensée est-elle, somme toute, un processusrelevant à la fois du refus et de l'adhésion ?
 
Pour bien voir en quoi le fait de penser peut consister en un refus, il est capital d'analyser les étapes de la formation d'un jugement. Intellectuellement parlant, nous ne sommes pas vierges. J'entends par-là qu'ayant déjà une certaine expérience de la vie, nous avons été amenés par la force des choses à avoir des avis sur ce qui nous entoure. Maisces avis ne sont en fait que des opinions, des idées que nous tenons pour vraies sans en avoir réellement analysé la teneur et estimé la valeur.
Ainsi, quand nous nous efforçons de penser, c’est-à-dire ici de juger les choses avec justesse, deux choix s'offrent à nous : rejeter l'opinion ou en faire une authentique pensée en l'approfondissant et en la consolidant au moyen d'un raisonnement lajustifiant. Nous refusons alors partiellement ou totalement de croire en cette opinion.
Alain, de son vrai nom Emile-Auguste Chartier «si l'on veut n'être pas esclave, il faut d'abord n'être pas dupe, et résister en détail. Refuser de croire est le tout ; et ce refus définit assez l'intelligence ». Ce propos incite à l’examiner avant de la rejeter ou de l’adopter. Mais l'opinion peut se présentersous plusieurs formes, soit, comme nous venons de le voir, sous la forme d’un avis, communément exprimé, mais aussi sous la forme d’un point de vue personnel qui nous est suggéré. Dans l’un et l’autre cas, nous devons résolument agir de la même façon. C'est-à-dire que, si quelqu'un nous présente son opinion en nous disant ce qu'il convient de faire dans telle ou telle situation, nous devons réagircomme suit : nous ne devons pas accorder plus de crédit à cette affirmation que nous n'en aurions accordé à une opinion plus « publique ». Mais nous devons analyser cette opinion, et nous pourrons nous l'approprier, en faire notre pensée, si nous sommes  d'accord , après réflexion, avec le point de vue de notre conseiller. Si quelqu'un maintenant tente de nous convaincre, la situation estanalogue, à ceci près que notre mentor nous guide dans les étapes de son raisonnement, ce qui n'était pas nécessairement le cas dans la situation précédente. Mais alors même qu’il tente de nous persuader, nous ne devons  pas céder à la tentation de le laisser jouer sur nos affects et les laisser prendre le pas sur notre propre réflexion. Ainsi, comme dans le cas précédent, nous devons garder la têtefroide et apprécier le plus objectivement possible la justesse de ses considérations.
 
Cependant si nous avons vu que la pensée peut consister en un refus total, partiel, ou temporaire de l'opinion, il est important de voir qu'elle relève également en partie de l’adhésion. Partant de l’idée première, de l'opinion, le fait de penser induit nécessairement un refus, mais ce refus, il est important...
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