Penser fait souffrir

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  • Publié le : 29 août 2010
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"Penser fait souffrir" (Stendhal)
Introduction :
Dans un film récent, le personnage principal est tombé éperdument amoureux d’une jolie jeune fille qui se trouve être la future fiancée de son meilleur ami. Il est confronté à un choix délicat entre son attirance pour cette belle demoiselle et sa conscience qui lui dicte agir en tant qu’ami et de peser le pour et le contre. Il se met à penserlonguement, mais au final, avec les plus grands regrets, il renonce à la fille pour l’amitié et le bonheur de son ami.
Comme le dit si bien Stendhal qui est l’auteur de « Le Rouge et le Noir » ou encore de « La Chartreuse de Parme » entre autres, « Penser, fait souffrir ».
L’activité de la pensée implique un questionnement intérieur et de cette problématique interne doit jaillir un engagement. Onpourrait bien évidemment prôner l’indifférence, ce qui signifierait un rejet de notre pensée, donc de nous même, mais ceci n’est pas la question.
L’exercice de la pensée comporte toujours un examen critique, ce qui peut nous faire souffrir, car il y a une perte de l’immédiateté, de la naïveté, de notre rapport aux choses et au monde. La thèse contraire serait de dire que penser apporte joie etbonheur, ce qui nous approcherait de la vision « parfaite et aveuglée » du monde qui consisterait à croire que « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil », mais en se posant la question : que nous apporte la pensée ?. On s’aperçoit que la pensée n’apporte pas que souffrance et malheur ou au contraire que gaité et jouissance, mais elle se situe entre deux, le chemin de la pensée et safinalité, souffrance ou joie, dépend essentiellement de notre situation psychologique et physique ainsi que du choix qui nous est le plus favorable lorsqu’on procède à l’examen critique de notre pensée.
L’action de penser nous oblige à nous remettre en question, donc elle s’oppose à une simple vision, qui consisterait à fermer les yeux ou à jouer l’indifférence.
Dans cet énoncé, on trouvecertaines similitudes avec l’énoncé d’Alain qui disait « Penser, c’est dire non. ». Ici penser nous fait souffrir, c'est-à-dire nous fait endurer des maux. La réflexion sur notre temps, notre société nous fait souffrir, nous tourmente ; même si Stendhal a vécu à une autre époque (XVIII-XIXème s.), les faits de sa société devaient tout autant faire réfléchir que ceux de la notre. Mais selon moi, cettethèse est beaucoup trop négative, car toutes les pensées ne nous font pas souffrir ; il y en a qui au contraire peuvent nous apporter du baume au cœur, comme le souvenir de son mariage, ce qui nous permet de nous éloigner des maux créés par la société, contrairement à ce que pensait Stendhal de façon trop générale.
Dans cette dissertation, je m’efforcerais de défendre un accord partiel avec la thèsede l’auteur. Je partirais avec comme point de départ ces trois questions :
- La pensée nous fait-elle perdre nos illusions ?
- La souffrance est-elle le seul effet de la pensée ? N’y a-t-il pas de compensations ?
- Pourrait-on renoncer à la pensée, pour ne pas souffrir?

La pensée nous fait-elle perdre nos illusions ?
Quand on exerce l’activité de la pensée, on peut s’apercevoir que lesillusions de nos croyances ou de nos convictions les plus propres, comme la bonté de l’homme par exemple, sont bien éloignées de la vérité ou de ce que nous considérons maintenant comme étant le plus proche de la réalité. Ce changement de positon est dû à l’examen critique qu’on a fait subir à nos illusions, par la réflexion, le raisonnement ou la simple réinterprétation de celles-ci. Ces croyances ouces convictions se noient alors dans la sombre réalité lorsqu’on apprend le fourvoiement de nos illusions. Sommes-nous condamnés à la souffrance de voir disparaitre nos illusions les unes après les autres ? Certes, certains diront que même en découvrant l’imposture de nos illusions, nous pouvons tout de même les garder à notre esprit comme armature de notre morale, de notre éthique ou encore...
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