Penser n'est pas croire (alain)

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  • Publié le : 19 novembre 2011
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Ce texte oppose les termes penser et croire, pensée et croyance.
Dans un premier temps, il faut définir chacun de ces termes, chose très importante pour comprendre le sujet!
Annalyse en 2 parties: distinction entre croire et penser.

Croire

Ce qui peut sembler d'emblée curieux, c'est qu'Alain prend comme exemple de croyance ce que "presque tous" vont chercher dans les "sciences". Or lessciences ne nous paraissent pas être le lieu de la croyance, mais bien de la recherche d'un savoir dégagé de la croyance, qui s'oppose à elle, et qui a, plus qu'elle, la valeur ou la dignité de la "pensée". Remarquons tout de même qu'Alain ne pense pas ici aux scientifiques, mais à ce que "presque tous" (le public, le profane, le non-scientifique) vont chercher "dans les sciences", c'est-à-dire,réfléchissez-y, dans un discours qui se présente (au profane, qui n'en maîtrise pas le détail) comme ayant une autorité absolue, et qui par là me dispense précisément de penser. "C'est ainsi", "c'est scientifique" : cela achève toute discussion. Est-ce légitime ? Peut-être, si on sait ce qu'on dit, si on connaît le sens des mots que l'on emploie ; mais qui a le bagage scientifique suffisant pourcomprendre ce que les sciences nous énoncent comme leurs résultats ?

On reçoit donc les sciences comme une sorte de révélation qui nous dispense de penser : c'est une forme de croyance. Mais pourquoi allons-nous chercher cela ? C'est qu'il y a plus encore dans ce terme de croyance : il y a une puissance d'attachement : "ils s'attachent aux idées avec une sorte de fureur", etc.
En un sens,pourrait-on dire, nos "connaissances" scientifiques n'ont peut-être pas même le droit au titre, somme toute noble, d'"idées" (ce à quoi revient, si vous lisez bien, ce que je vous expliquais dans le paragraphe précédent). Pourquoi Alain emploie-t-il alors le terme, qui revient à gommer la différence entre nos croyances aveugles et nos croyances fondées en raison ? N'y a-t-il aucune différence entrecroire que l'univers est courbe (ce que je ne comprends pas) et que (a+b)² = a²+2ab+b², ce que je me souviens avoir démontré ? Evidemment si. Mais Alain insiste ici sur le fait que croire, c'est entretenir un certain rapport à une idée (vraie ou fausse, fondée ou non en raison, peu importe ici) : y tenir, s'y accrocher, ne pas, pour garder son registre, "en démordre". Et si la science s'y prête, c'estque l'autorité qu'on lui prête semble justifier notre fureur de croire.
Si ce que je crois est discutable, on me demandera raison de ma croyance. Si je crois que Dieu existe, on me demandera pourquoi, et comme je ne pourrai pas donner d'arguments suffisants, il me faudra reconnaître que ma croyance est un choix, ou moins qu'un choix, un parti-pris qui ne s'avoue pas tel, un préjugé, qu'en touscas elle ne s'impose pas absolument, qu'elle peut donc être mise en cause, y compris par moi, et que je ne suis donc pas par avance dispensé d'y réfléchir. Mais si je dis que je crois que l'univers est courbe, à celui qui me demande pourquoi je crois cela, et même ce que cela veut dire, je pourrai répondre "c'est scientifique", et cela me dispense de penser. Heureuse croyance.

Ce que met donc enévidence ce premier paragraphe, c'est qu'il y a en nous un désir de croire, viscéral ("l'estomac s'en mêle"), qui est en même temps un refus viscéral de la pensée. On voit en quoi la fascination pour les sciences illustre cela, et met en évidence l'opposition entre croyance et pensée, qu'il s'agit maintenant de préciser en son second terme.
Penser

Penser, c'est donc ne pas adhérer, ne pas tenirà, ne pas croire. "Inventer sans croire". Qu'est-ce que cela veut dire ?

L'exemple est encore scientifique, mais ici il s'agit du physicien, c'est-à-dire de celui qui fait la science ; et on devine que ce qu'il faut montrer, c'est que pour faire la science, pour penser scientifiquement, il s'agit, en un sens, de ne pas croire en la science.

De quoi est-il question ? Le savant a accumulé...
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