Pensez vous que don juan illustre effectivement cette réputation redoutable ou bien qu’il s’agit là d’un portrait à charge, dressé par un valet envieux et rongé par le remords de devoir servir un tel maître ?

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  • Publié le : 21 novembre 2010
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Dom Juan

Sujet : Sganarelle conclut le portrait peu flatteur qu’il trace de son maître en précisant à Gusman qu’un « grand seigneur méchant homme est une terrible chose » (Acte I, Scène I).Pensez vous que Don Juan illustre effectivement cette réputation redoutable ou bien qu’il s’agit là d’un portrait à charge, dressé par un valet envieux et rongé par le remords de devoir servir un telmaître ?

Jean-Baptiste Poquelin dit Molière, dramaturge français (1622-1673) a mis en scène Dom Juan pour la première fois le 15 février 1665 d’après la pièce de Tirso de Molina, « El Burlador de Sevilla y Convidado de Piedra » (Le Trompeur de Séville et le Convive de pierre .Cette pièce entre dans le répertoire de la Comédie-Française le 15 Janvier 1847. Le personnage principal, Don Juan, est un jeunereprésentant de l’aristocratie française ; un libertin de mœurs et d’esprit. Il forme avec son valet le seul couple indissoluble de la pièce. Le valet de Don Juan, Sganarelle est le compagnon obligé de toutes les mésaventures de Don Juan. Jamais écouté, il influe peu sur Don Juan qui est un personnage à fort caractère. Il a donc plusieurs raisons qui le poussent à critiquer son maître et àdésapprouver la majorité de ses actions. Il profite de l’absence de ce dernier pour le critiquer. La pièce débute avec un dialogue entre Sganarelle et Gusman, Ecuyer de Done Elvire. Sganarelle dresse un portrait effroyable de son maître. « Le plus grand scélérat que la terre n’est jamais porté, un enragé, un chien, un diable, un turc, un hérétique, qui ne croit ni Ciel, ni Enfer, ni loup-garou, qui passecette vie en véritable bête brute … ». Malgré cela Sganarelle reste son serviteur par peur de Don Juan « Il faut que je lui sois fidèle, en dépit que j’en aie ». En première partie, nous parlerons du libertinage de Don Juan. Dans une seconde partie nous aborderons le sujet du valet envieux.

Fondamentalement, Don Juan recherche et vit dans le plaisir et la jouissance de l’instant présent, ens'opposant aux contraintes et aux règles sociales, morales et religieuses, ainsi qu'en ignorant volontairement autrui. C'est donc à la fois un jouisseur et un libertin, également égoïste et destructeur.

Pour Don Juan, la fidélité n’a pas lieux d’être. C’est une sorte de mort avant l’heure. «  La belle chose de vouloir se piquer d’un faux honneur d’être fidèle […] et d’être mort dès sa jeunesse àtoutes les autres beautés qui nous peuvent frapper les yeux » (Acte I, Scène II). C’est pour cela qu’il renonce à la constance et se décide à séduire toutes femmes malgré leurs différences de classes sociales. « Dame, demoiselle, bourgeoise, paysanne, il ne trouve rien de trop chaud ni de trop froid pour lui », nous précise Sganarelle dans l’acte I, scène 1. Lors de la pièce, Don Juan emploie trèssouvent le verbe « aimer » alors qu’il aime plus se jouer des femmes qu’à les aimer vraiment. On se rend compte que sa méthode séduction ne repose que sur le mensonge et l’hypocrisie. Il a aussi le talent de rajouter tant de belles choses et de belles paroles, qu’il arrive facilement à faire tomber ses futures conquêtes dans son piège. La scène avec Charlotte en est un exemple parfait. Don juancomplimente ses mains... « Sganarelle, regardez moi ses mains » ; « Elles sont les plus belles du monde ». Elle lui répond alors « Fi ! Monsieur elle sont toutes noires » (Acte II scène II). Il lui projette un avenir attrayant « Et il ne tiendra qu’à vous que je vous arrache de ce misérable lieu, et ne vous mette dans l’état où vous méritez d’être ».
Aux yeux de Don Juan l’amour est un synonyme decombat, assiéger une ville ne diffère guère du siège d’une femme. Il décrit sa stratégie séductrice en utilisant un vocabulaire militaire : « à combattre par des transports, par des larmes et des soupirs », « Toutes les petites résistance qu’elle nous oppose », « enfin il n’est rien de si doux que de triompher de la résistance d’une belle personne, et j’ai sur ce sujet l’ambition des...
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