Perec et photographie: w ou le souvenir d enfance

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  • Publié le : 29 novembre 2010
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Explication texte Elena Gallorini

George Perec, W ou le souvenir d’enfance

« W ou le souvenir d'enfance » est un ouvrage de Georges Perec paru en 1975. Le texte est un récit croisé, alternant une fiction et une autobiographie en apparence très différentes ; cependant, l’auteur lui-mêmenous explique que l’existence de l’une est tout à fait dépendante de celle de l’autre, et inversement.
En 1969, George Perec décide d’écrire son autobiographie, voire d’ en créer une physionomie quelque floue et vague qu’elle soit; en effet, la feuille sur la table, il n’arrive pas à achever la ligne. En continuant quand même à écrire, Perec ne parviendra pas à écrire son histoire ; l’ensemblede fragments qui composent W est finalement l’histoire de la quête d’une histoire, voire le règlement des comptes avec les fantasmes d’une mémoire qui existe mais qui est indicible, qu’elle regarde tantôt son histoire personnelle tantôt l’ Histoire, d’ailleurs eux-mêmes « inextricablement liées. »
Ce dont il a besoin tout d’abord pour se souvenir c’est un étai, ce sont des renseignementsmatériels ; pourtant, hors des repères d’une mémoire commune et par conséquent pas distinctive, Perec semble ne pouvoir s’appuyer qu’au secours de photos jaunies, de témoignages rares et de documents dérisoires.

On pourra donc se demander dans quelle mesure les deux photos sont-elles à la fois ressource matérielle d’ancrage, source de fantasmagorie, trace d’un passé désormais insaisissable.

Plan :1) Les traces d’un membre fantôme

2) Le simulacre

3) Des morceaux de vie arrachés au vide

1)
Le point du départ de la quête perequienne est la recherche des renseignement matériels, sur son enfance et sa famille. Dans W Perec ne se limite pas seulement à dire qu’il possède des photos de ses parents ; il les décrivent minutieusement. Cette description, pourtant, n’est pas faiteproprement pour le lecteur, mais elle est plutôt pour lui comme une sorte de thérapie mnémonique ; c’est sa nécessité de conter : écrire c’est se souvenir.
Tout d’abord l’emploi des photos se révèle un moyen de combler l’espace vide de sa mémoire ; les images, tirées du réel, dessinent un portrait de la mère et du père, tout en permettant à Perec d’en ébaucher une physionomie.
Mais les iconiser nesemble pas être son seul but ; en les décrivant il cherche aussi à installer un lien direct avec eux, surtout avec la mère. Dans le passage où il décrit les deux photos, on remarque une attention constante à la recherche du contact: je suis dans les bras de ma mère ; nos tempes se touchent. .. et sa main gauche gantée de noir s’appuie sur mon épaule gauche.
Quoiqu’il ne l’explicite pas, et leditcontact ait réellement eu lieu, sa description en devient une transfiguration symbolique, qui pose l’accent sur le fantasme de son impossibilité actuel. Celle qui semble être une toute simple constatation visuelle assume la fonction du cordon ombilicale ; la mère et l’enfant peuvent encore se toucher à travers la graphie: Elle nous montre,ma mère et moi.
De plus, le corps de la mère n’ayant jamais été retrouvé, la décrire est une manière d’en laisser une trace visible; ou mieux, lui donner ce corps, voire la sépulture qui n’a jamais eu lieu.

2)
Quoi qu’il en soit, l’essence de la figure maternelle oscille toujours entre celle de la représentation réelle et celle « schématique et arbitraire » du simulacre :
Ma mère sourit endécouvrant ses dents, sourire un peu niais qui n’est lui pas habituel, mais qui répond sans doute à la demande du photographe.
Si au début la scène lui semble être familière , les premiers mots qu’il emploie y faisant référence étant ‘ moi et ma mère’, dans la phrase successive, ‘La mère et l’enfant donnent l’image d’un bonheur que les ombres du photographe exaltent’, il y à un écart...
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