Personnage de meursault

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  • Publié le : 11 décembre 2011
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I) Un plaidoyer caricatural

A) Les caractéristiques du plaidoyer
- Position adoptée : l’avocat de Meursault plaide coupable (l.3) avec « circonstances atténuantes » (l.27).
- Manière dont l’avocat s’y prend :
• Il adopte le point de vue de l’accusé (« Je », l.3) et interpelle les jurés pour les impliquer dans son propos (« Messieurs », 14)
• Il cherche à atténuer la responsabilité de M enparlant de « provocation » de la part de l’Arabe (l.8), ce qui contredit l’idée de préméditation défendue par le procureur
• La majeure partie du plaidoyer s’intéresse en réalité au caractère de M, à la question de sa moralité (répétition du mot « âme », 8, 9, 18…), en réponse au réquisitoire du procureur : il fait un portrait élogieux de M en évoquant ses rapports au travail, puis ceux avec samère (termes mélioratifs l.11-12), ce qui montre qu’il remet en cause la « monstruosité » de son client ; il ne parle pas de l’enterrement, sans qu’on sache pourquoi : cela nuirait-il à M en rappelant son insensibilité ce jour-là?; il conclut sa prestation (« pour finir », 25) par l’évocation du caractère non prémédité du crime (« une minute d’égarement », 26), ce qui l’amène à demander que la viede M soit épargnée ; il met en évidence le « remords éternel » de ce dernier comme étant déjà un « châtiment » suffisant.
 Il essaie d’attirer la compassion, la bienveillance des jurés, de rendre M humain. Mais son discours est maladroit et stéréotypé.

B) Les points faibles, voire le ridicule de ce plaidoyer
- Discours indirect (4-5) et discours direct (5-6) signalent une conversation entreM et un gendarme : ce dernier lui indique que le discours de son avocat n’est en rien original, mais qu’il est stéréotypé, donc peut-être pas très convaincant…
- L’avocat se montre arrogant : il déclare qu’il peut lire dans l’âme de M « à livre ouvert » (métaphore l.10-11), alors même qu’il ne fait pas de doute aux jurés et au lecteur que M demeure un personnage opaque, difficile à comprendre.
-Il emploie un vocabulaire maladroit car dépréciatif à propos de la mère de M (« vieille femme » l.13-14), alors qu’il essaie de faire passer M pour un « fils modèle ».
- Son discours est ponctué d’hyperboles (« infatigable », « aimé de tous », « fils modèle », 11-12 ; « dont je traînais déjà, comme le plus sûr des châtiments, le remords éternel » 27-28) qui le rendent caricatural : il n’est pasadapté à la personnalité de M. L’avocat dit des choses qui manquent de justesse sur M, pour le faire rentrer dans une norme acceptable par la société qui le juge. Or M refuse de s’y soumettre (il n’a jamais manifesté de remords envers son crime, et affirme d’ailleurs ne pas le regretter).
- Par le biais de l’alternance entre le discours direct (paroles de l’avocat) et la focalisation interne(pensées de M), Camus montre que M ne se reconnaît pas dans ces propos : il insiste sur le fait que c’est l’opinion de son avocat « pour lui » (l.12). il signale alors lui-même la médiocrité de son avocat (« ridicule », 8), et le dévalorise par rapport au procureur (comparaison l.8-9). Enfin, il signale les oublis de la plaidoirie : « j’ai senti que cela manquait dans sa plaidoirie », l.17).

C)Une vaste mise en scène
On a l’impression que le procès n’est qu’une une mise en scène vidée de sens :
- Discours stéréotypé de l’avocat, qui fait écho à celui, tout aussi erroné, du procureur
- Attitude mécanique des jurés avec leurs éventails : Camus semble souligner ironiquement cet aspect mécanique, à l’aide d’une antithèse (« grands ventilateurs » VS « petits éventails » l.1-2) et del’expression « brasser l’air » qui peut évoquer le caractère superficiel du procès. D’ailleurs, les jurés agitent leurs éventails dans le même sens, ce qui pourrait laisser entendre qu’ils incarnent la société qui condamne de manière homogène un individu comme M qu’elle ne parvient pas à comprendre.
- Félicitations finales des autres avocats rapportées au discours direct (l.29-30): elles semblent...
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