Petite plaidoirie: enfant soldat.

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  • Publié le : 27 décembre 2009
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Un bol de sang, tous les matins
« J’ai été initié à l’art de la guerre au Libéria. J’avais 8 ans. Un officier libérien nous apprenait à manier la kalachnikov. Et un sorcier guinéen nous faisait boire du sang, manger des cœurs de prisonniers »
Celui qui parle ainsi s’appelle Ibrahim. A 14 ans, il était « général » d’une Small boys Unit, d’une unité de 50 enfants-soldats. A 16 ans, il a changéd’identité pour devenir « Général Share Blood » . Share Blood, le sang partagé .... « mes hommes savaient que je devais boire une coupe de sang humain chaque matin. Si nous avions un prisonnier, je lui coupais moi-même la tête avec une machette. Sinon j’envoyais mes boys chercher un prisonnier ailleurs ou capturer un civil. Ensuite je mélangeais mes drogues dans le sang. Cette cérémonie me donnaitdu courage et de la clairvoyance. C’est ainsi que j’étais le meilleur soldat ».
Share Bood ne cache pas qu’il commandait son unité par la terreur. « Si un gamin commettait un crime, refusait d’obéir à un ordre, je lui appliquais une feuille enflammée sur les yeux. Ca le rendait aveugle. Et si un des enfants tentait de s’enfuir et était capturé, mes combattants préféraient l’exécuter eux-mêmes,sachant que s’ils l’amenaient jusqu’à moi, ce serait terrible ». Ibrahim (encore appelé Share Blood), pense que, dans la forêt, « avec un fusil, du sang et des drogues, on est un roi »
Mais ceci, c’est du passé Ibrahim a rejoint le programme de réinsertion de l’association humanitaire Children Associated with War. Il tente de reconstruire son identité. Il pense avoir vaincu son accoutumance à ladrogue. Il se sent en revanche « bizarre, le matin, sans la tasse de sang ».
Cela se passe en Afrique, en Sierra Leone, qui connaît la guerre civile depuis 1991. « la sauvagerie des hommes a accompli le reste. L’homme peut devenir un animal. Les enfants sont forcés de commettre des crimes, puis ils y prennent du plaisir, un plaisir sauvage. Ils aiment inspirer de la peur aux civils et du respectà leurs commandants ».
Effrayant ….

L'utilisation des enfants comme soldats a été universellement condamnée comme odieuse et inacceptable. Pourtant, au cours des dix dernières années, des centaines de milliers d'enfants se sont battus et sont morts dans des conflits partout dans le monde.
Même si le phénomène des enfants-soldats ne date pas d’hier, il prend des proportions sans précédent. En1996 on estimait à 200.000 le nombre d'enfants soldats,aujourd'hui ils seraient au moins 300.000, combattant, armes au poing, dans plus de trente pays qui les exploitent, la palme revient à la Birmanie : les enfants-soldats y seraient quelques 50.000. Ils sont aujourd'hui moins nombreux au Proche-Orient ou en Amérique latine, en raison de la réduction du nombre des conflits. Ils seraient 120.000dans les différentes guerres d'Afrique, et combattent aussi dans les rébellions des Philippines, de Papouasie-Nouvelle Guinée, et les conflits de la République du Congo, du Darfour et de Colombie. Les Etats et Gouvernements doivent faire respecter les droits internationaux, mais c'est aux adultes de protéger les enfants, pour qu'ils aient un avenir. Comment peut-on faire subir à un enfant nospropres erreur ?!! Le droit international – et ce, malgré les récentes avancées – fixe à 15 ans l’âge minimum pour s’enrôler. Trop jeunes pour voter, assez âgés pour tuer... Ou se faire massacrer. Certains n’ont même pas 8 ans ! Ces enfants impliqués dans les conflits armés sont souvent tués ou blessés lors d'un combat ou pendant l'exécution d'autres tâches. Ils sont forcés de s'engager dans desactivités dangereuses telles que la pose de mines ou d'explosifs, ainsi que l'utilisation d'armes. Les enfants soldats sont souvent forcés de vivre dans des conditions difficiles avec de la nourriture insuffisante et n'ont souvent pas accès aux soins. Ils sont presque toujours traités de façon brutale, soumis à des violences physiques et des traitements humiliants. Les filles soldats sont...
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