Peut on assimiler l'esprit a une machine ?

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  • Publié le : 30 mars 2011
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On oppose généralement l’esprit à la matière et on entend généralement l’esprit comme une propriété spécifique de l’homme qui le rend capable d’un certain nombre de comportements et de productions. Dire que l’homme possède un esprit revient à dire qu’il possède des qualités psychologiques telles que l’intelligence, la conscience, voire l’originalité, qu’il est capable d’introspection, d’humour(avoir de l’esprit), qu’il est doté d’un libre arbitre, qu’il peut éprouver des sentiments et des passions telles que l’amour, la haine, la jalousie, la pitié, etc. … Autant de comportements, d’attitudes, d’états que l’on refuse spontanément à la machine. La machine est un objet fabriqué par l’homme en vue d’accomplir à sa place, et mieux que lui, une tâche déterminée. La machine est un objetmatériel qui fonctionne suivant les lois de la physique. Refuser d’assimiler l’esprit à une machine, c’est en même temps affirmer qu’il existe une différence essentielle entre l’homme et la machine. Notre amourpropre nous pousse à maintenir cette différence rassurante. Cependant l’amour-propre et la subjectivité qu’il implique ne constituent pas un conseiller fiable et impartial. L’assimilation d’uneréalité à une autre suppose la différence de ces deux réalités et néanmoins une similitude sous un certain rapport qui permet de penser l’une sur le modèle de l’autre. La question est donc ici de savoir s’il est possible de penser l’esprit et son fonctionnement sur le modèle de la machine et de son fonctionnement. Une telle assimilation peut avoir des fins multiples parmi lesquelles l’unification duréel et l’accroissement de son intelligibilité. Il s’agirait ici de rendre intelligible, sur le mode scientifique, le fonctionnement de l’esprit en l’expliquant sur le modèle du fonctionnement d’une machine. Fonctionnement connu, puisque la machine est produite par l’homme. Certes cette assimilation produit un gain d’intelligibilité. Mais cette unification du réel ne risque-t-elle pas de constituerune réduction de la richesse du réel au profit d’une vision appauvrie et elle même réductrice ? D’autre part, c’est là réduire la distance entre l’homme et la machine et ravaler l’homme à la condition de machine. Or, après tout, c’est bien l’homme qui, grâce aux facultés et à la puissance de son esprit, produit les machines. Peut-on, dans un souci d’intelligibilité du réel et plus particulièrementde nous-mêmes, assimiler l’esprit à une machine ? A quelles conditions une telle assimilation est-elle possible ? Que suppose-t-elle quant à la nature de l’homme et de l’esprit ? Il faut d’abord pouvoir penser l’esprit comme une réalité matérielle, puisqu’une machine est matérielle. Cela suppose donc de pouvoir penser les différentes activités de l’esprit, de pouvoir les expliquer, sans être dansla nécessité d’avoir recours à des principes explicatifs différents de ceux qui rendent compte des phénomènes matériels (en gros les lois de la physique et de la chimie). La question qui se pose est donc celle de savoir si l’esprit renvoie nécessairement, pour son existence, à une substance, et à une substance différente de la matière. Est-il le produit d’une « chose pensante », d’une âmesubstantiellement distincte de la matière ? Il faut ensuite être en mesure de montrer que les différentes opérations, les différentes capacités que l’on a coutume d’attribuer en propre à l’esprit peuvent être mécanisées, c’est-àdire qu’elles peuvent être effectuées par des machines. Peut-il y avoir un sens à dire qu’une machine pense ? On peut dire d’une machine qu’elle est capable de visser un écrou,d’assembler les pièces métalliques ensemble, d’indiquer l’heure, etc. Pour toutes ces tâches, elle peut se substituer à l’homme et les accomplir plus rapidement et mieux que lui, ceci est indiscutable. Peut-on étendre le champ de compétence des machines audelà de ces types d’action jusqu’à y faire rentrer ce qui nous semble requérir nécessairement l’intervention d’une pensée consciente ? De...
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