Peut on convaincre autrui qu'une oeuvre d'art est belle

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  • Publié le : 23 avril 2011
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Depuis 1976, le Médiator, médicament indiqué dans le traitement du diabète, aurait fait 500 morts. Aujourd’hui retiré du marché, ce médicament peut néanmoins avoir provoqué des valvulopathies qui doivent mener les patients traités plus de trois mois par le Médiator à consulter leur médecin.
Commercialisé en France entre 1976 et 2009 par les laboratoires Servier, le Médiator était un médicamentcomposé de benfluorex, indiqué comme adjuvant pour les patients en surpoids atteints de diabète de type 2. Selon les conclusions de la commission de pharmacovigilance de l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps), le médicament aurait provoqué la mort de centaines de personnes tout au long de ses 33 ans de commercialisation.
D'après les éléments apportés par l’étudedes hospitalisations et des décès de 2006 à juin 2010, menée cet été par la Caisse nationale d’assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS) et analysée par l'Afssaps, au total « 500 décès seraient attribuables au benfluorex ». Selon les mêmes sources, « le risque de développer une complication valvulaire apparaît principalement dans les deux premières années d’utilisation, persiste dansles deux années qui suivent l’arrêt du benfluorex et devient très faible au-delà. » L’Afssaps recommande alors aux patients traités plus de trois mois par ce médicament au cours des quatre dernières années, de consulter leur médecin.
Mediator, le rapport Even-Debré accuse

Dans un rapport remis mercredi 16 mars à l’Élysée, les professeurs Even et Debré proposent notamment que soient renduespubliques les sommes versées aux médecins par l’industrie pharmaceutique

Dès les premières lignes du rapport, le ton est donné.

« Si grave et douloureuse qu’elle soit, avec très probablement des centaines de morts et des milliers de malades, l’affaire du Mediator est beaucoup plus qu’un accident isolé, ne concernant qu’un laboratoire sans éthique, qui n’est en rien le reflet de l’industriepharmaceutique dans son ensemble », écrivent les professeurs Philippe Even et Bernard Debré, respectivement président de l’Institut Necker et député UMP de Paris, dans un rapport sur la refonte du système français du médicament remis hier au président de la République.

C’est Nicolas Sarkozy qui avait confié la rédaction de ce document à ces deux médecins qui, lors de la crise du Médiator, avaientmultiplié les déclarations enflammées dans les médias. En parallèle, le ministère attend les conclusions prochaines de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas), elle aussi chargée de faire des propositions de réforme.
«On ne peut que constater l’échec de l'autorité de santé»
Usant d’un ton très libre, Philippe Even et Bernard Debré dressent une charge violente contre les principalesinstitutions chargées d’évaluer les médicaments, de juger de leur niveau de remboursement puis d’assurer leur surveillance une fois qu’ils sont sur le marché.

« On ne peut que constater l’échec de la Haute Autorité de santé (HAS) dans à peu près toutes ses missions », souligne le rapport.

Les deux médecins dénoncent aussi la « totale faillite » de l’Agence française de sécurité sanitaire desproduits de santé (Afssaps), dont « l’impéritie n’a eu d’égale » que celle de l’Agence européenne du médicament (EMEA), « il est vrai plus éloignée du terrain ».
Le problème des conflits d'intérêts des experts
Les experts qui travaillent pour les agences sanitaires, en prennent aussi pour leur grade.

Le rapport affirme qu’une majorité d’entre eux vote en commission sans connaître « ni ledossier de la molécule, ni parfois la pathologie à laquelle s’applique ». Ce qui aboutit à des « décisions anonymes collectives, pseudo-démocratiques, dont personne en particulier n’est responsable ».

Dans la foulée, les deux médecins abordent le problème des conflits d’intérêts de ces experts avec l’industrie. Ils réclament une « déclaration publique, croisée, aisément vérifiable » de ces...
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