Peut-on etre homme sans etre citoyen?

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  • Publié le : 7 juin 2010
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Etre homme se distingue d’être « un homme » dans le sens ou ce n’est pas seulement appartenir à l’espèce humaine. Il s’agit ici de l’existence de cet homme en tant qu’être moral, capable de distinguer le bien et le mal, autonome et libre, en tant que sujet de droit. C’est donc l’idée que l’on peut ce faire de l’être humain pleinement accompli. Si chacun d’entre nous se pense comme un êtreindépendant de tout contexte social, il n’en reste pas moins que ce qui fait notre humanité c’est notre vie en société (apprendre, réfléchir, comprendre, se cultiver…). Cette vie en société est rendue possible par l’Etat, qui à la fois nous protège et nous donne des droits et des devoirs. Ainsi apparait la notion de citoyen : dans un Etat de droit le peuple est souverain, le citoyen est donc à la foislégislateur et sujet. Ainsi nous pouvons nous demander s’il on peut être homme sans être citoyen. Si en effet, on admet que l’on peut être homme sans être citoyen, qu’en serait-il ? Mais aussi, pourquoi la citoyenneté conditionne l’homme ? Et pourquoi l’homme a besoin d’être citoyen pour être homme? Peut-on se dire homme sans considérer ses devoirs decitoyen? Pour répondre à cela, nous verrons dans une première partie que l’homme est un animal politique qui ne peut vivre hors de la société. Puis nous verrons que la société le contraint parfois en tant qu’être morale, il semble alors devoir arrêter d’être citoyen pour être homme. Et enfin, nous verrons que sa liberté le définit mais qu’il ne peut être libre qu’enprenant part au pacte social.
Tout d’abord, l’homme est un « animal social », il ne peut s’accomplir qu’en relation avec autrui. Aristote affirme d’ailleurs que la société est première par rapport à l’individu. Le fait social humain repose sur le principe de l’échange par le dialogue. Etant doué du logos, l’homme peut partager, échanger, dialoguer avec autrui. Il est capable de penser ses actes, enpensant ses actes, il pense des valeurs (le bien, valeur morale, le juste, valeur politique et l’utile, valeur économique). Il ne pense pas seul, il pense et débat avec autrui, et dialogue sur les lois découlant de ces valeurs. Les hommes se donnent librement des lois par convention. L’homme est donc aussi un « animal politique ». Ces échanges (économiques, idéologiques…) impliquentune certaine organisation sociale, politique, des décisions à prendre sur la division des tâches… C’est de là que nait l’Etat, c’est ce qui fait marcher la société, ce qui la rend cohérente. C’est l’ensemble organisé des institutions politiques, juridiques, policières, administratives et économique sous un gouvernement autonome et sur un territoire propre et indépendant qui rend possible la vie ensociété. Il légifère, protège mais aussi organise. L’homme a besoin de ce maitre sans quoi il ne serait raisonnable. Ses passions et son penchant égoïste le pousse à enfreindre les lois, d’où la nécessité d’un maitre qui fait respecter les lois par la force. Dans nos sociétés modernes (démocratie), l’homme est en fait son propre maitre car dans un Etat de droit le souverain est le peuple.Hobbes voit d’ailleurs l’origine de l'État dans une convention originaire entre les humains, par laquelle ceux-ci renoncent à une partie de leurs libertés, ou droits naturels, en échange de lois garantissant la perpétuation du corps social. Il parle de « contrat social ». L'idée d'un contrat social pose déjà celle d'un état de nature, préexistant à toute société organisée. Cet étatde nature ne correspond nullement à une réalité historique précédant l'instauration des lois, mais à l'état théorique de l'humanité lorsque qu’elle est soustraite à toute loi. Le contrat (ou pacte) social est alors pensé comme un pacte librement établi par la communauté des humains dans le but d'établir une société organisée et hiérarchisée. Ce dépouillement au profit de la communauté n’est...
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