Peut- on jouir ?

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  • Publié le : 9 mars 2010
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Annabelle Gauvain

Dissertation: Peut-on jouir ?

La prohibition de l’’inceste est selon Claude Lévi Strauss le passage de la nature à la culture. Le tabou fondateur de l’humanité repose donc sur la renonciation au désir et à la jouissance sexuels des individus d’un même clan. On voit donc s’établir la première restriction au droit de jouir des individus. Bien que l’inceste ne soit plusdirectement pénalement répréhensible, il sanctionné dans les cas de mariages ou de filiation. Avoir la possibilité de jouir pour les individus individus apparaît donc comme limitée ce qui semble en contradiction avec la suppression des lois de bonnes moeurs et la libéralisation de la société. Le droit de jouir des individus serait le droit d’éprouver du plaisir ou le droit d’avoir un orgasme. Dansleur vie personnelle, les individus semblent de plus apte à décider et à assumer ce qu’ils désirent pour jouir. Ainsi de nouvelles catégories de sexualité sont apparues récemment comme l’harpaxophilie (excitation sexuelle pour un vol) ou encore l’exobiophilie ( attirance sexuelle pour les extraterrestres et leurs représentations). Si elles sont reconnues par les scientifiques, elles ne sontcependant pas admises par la société et la morale. La morale intervient donc dans la législation et la jurisprudence pour restreindre la liberté de jouir des individus. Il existe encore des normes qui semblent tempérer ce droit ou cette possibilité de jouir.
Dans quelle mesure jouir peut-il être considéré une liberté inhérente à l’homme ? Jusqu’où le droit de jouir est-il acceptable au sein de lasociété ?
Nous verrons dans un premier temps que jouir peut être considéré comme un droit, mais que cette liberté est encore contenue par les normes de la société

I. La possibilité de jouir est considérée comme un droit de l’homme

A. Emancipation de la liberté sexuelle

Le droit a dû s’émanciper du schéma conjugal imposé par les trois religions monothéistes. On constate au cours du XX è siècleune dépénalisation des pratiques sexuelles. La pensée judéo-chrétienne a eu pour responsabilité d’ériger les représentations occidentales de la sexualité. Elles prétendent que les pulsions sexuelles sont mauvaises sauf ci-celles-ci sont utilisées dans le but de procréer. Pour l’Eglise, la jouissance pouvait mener à la perte de l’individu voire dans ses textes à la perte de l’humanité entière. Lavaleur primordiale est celle de la virginité. La question sexuelle doit également faire face aux questions des mentalités et des moeurs. L’organisation sociale héritée est fondée autour du sexe.
Or, la théorie juridique doit s’émanciper de l‘assise religieuse des interdits sexuels. Elle se doit d’avoir une théorie neutre de la sexualité. Le droit français ne reconnaît pas la valeur de virginité.Le sexe n’est ni défini dans les lois françaises ni dans le Code civil. La contraception a joué un rôle important dans la libéralisation du sexe. Un droit à la jouissance sans entrave est proclamée. Il s’agit d’une nouvelle liberté pour les individus. Les lois offrent à la sexualité dite «stérile» une considération. L’égalisation des sexes a permis l’égalité des sexualités. La théorie de laliberté sexuelle en droit s’affranchit donc des conceptions héritées de la morale et de la religion.

Nous pouvons constater une démocratisation du droit sexuel et du droit de jouir. L’impartialité morale de l’Etat supposée dans les Etats de droit, garantit la liberté sexuelle des individus. L’Etat doit se limiter à dire ce qui est juste et à assurer l’équilibre entre les co-contractants. Son rôleest de garantir ces libertés, il n’ a pas à s’assurer de la vertu de ses citoyens. En outre, le droit ne peut pas désigner un type de sexualité au risque de devenir immoral. Toutes les formes de sexualité doivent être encouragées par le droit.
Tout individu a le droit de choisir sa sexualité et son droit de jouir. Tout rapport entre individu doit, cependant, être consenti. Le consentement...
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