Peut-on nous reprocher ce que nous sommes?

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  • Publié le : 31 décembre 2010
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Peut-on nous reprocher ce que nous sommes ?

Il fallait d’abord remarquer l’étrangeté du sujet qui fait son intérêt : alors que le reproche porte habituellement sur ce que nous faisons, plus ou moins bien ou mal, il nous est proposé ici de réfléchir sur le reproche adressé à ce que nous sommes : cela est paradoxal (para-doxa : contre l’opinion). Il ne paraît pas légitimede nous reprocher ce que nous sommes, d’après le sens commun (qui constitue souvent un bon point de départ pour la dissertation), mais on remarque aussi que nous le faisons souvent (ainsi dans la vie de couple par exemple).
La distinction entre ce que nous sommes et ce que nous faisons, entre notre être (ou notre essence) et nos actes était très utile pour traiter le sujet. Elle présentl’intérêt de clarifier les idées et d’aller à l’essentiel, et a été vue par certains élèves d’ailleurs. Certains ont parlé d’inné et d’acquis, de nature et de culture : cela n’était pas impertinent sur le fond mais plutôt relativement inadéquat à ce sujet qui porte sur la liberté.
A partir de là, que faire ? Distinguer en l’homme deux aspects : tout ce qui en nous est déterminé, à commencer par lescaractéristiques physiques, et ensuite tout ce qui relève de l’ordre moral, par quoi nous sommes libres d’agir. Il fallait alors en conséquence se demander si nous ne sommes pas moralement déterminés à être ce que nous sommes, s’il n’y a pas un déterminisme moral et de quelle nature. Cela conduisait à se demander comment définir notre être moral. Avons-nous une « essence », une « nature » dontdécouleraient notre être et nos actes ? Ou bien au contraire ne sommes nous qu’une liberté de nous faire nous-mêmes malgré tout ce que nous avons été ? On peut se demander si de ce que nous sommes découle irrémédiablement nos actes, exprimant une nature profonde qui ne peut être changée, ou bien si au contraire nos actes peuvent sont absolument libres. Voilà un premier axe de réflexion sur le sujet quipouvait mener assez loin.
D’autre part, il suffisait de se demander à quelles conditions un reproche était possible pour dégager l’idée de perfection. Un modèle de perfection est nécessaire pour fonder le reproche adressé à un être capable de s’élever. La question se pose alors de savoir quelle est la validité de cette notion de perfection et ses limites. A-t-elle un sens dans le domaine moral ?Ce qui nécessite de préciser le ou les sens que l’on accorde à ce qui est d’ordre moral.

Il était aussi facile de dégager à partir de l’énoncé la notion de choix : avons-nous choisi d’être ce que nous sommes ? Pouvons-nous le choisir ? Cela posant encore une fois le problème de la liberté dans son rapport aux déterminismes qui ont conditionné notre existence. Qu’est-ce qui nous a déterminé àdevenir ce que nous sommes ? En sommes-nous responsables ? Cette dernière notion, la responsabilité, est importante car elle marque le lien profond entre liberté et morale dans le sujet. A cet égard, la reformulation du sujet pour en saisir le problème pouvait être la suivante : « Sommes-nous responsables de ce que nous sommes ? », et devrait figurer dans la fin de l’introduction. Elle a d’ailleursété vue par certains élèves.
Il n’y a pour l’introduction aucune obligation sinon celle de développer le sujet de manière rigoureuse, et de conduire son propos de manière logique et suivie.
Le point central de l’analyse du sujet dans l’introduction devait porter sur le reproche lui-même, qui pouvait être analysé comme ce qui suppose la liberté (je ne fais de reproche qu’à celui qui peut entenir compte) mais qui en même temps, au fond, porte sur la liberté elle-même (la liberté est aussi la possibilité de ne pas se soumettre au reproche). Comment déterminer les limites à assigner au reproche qu’autrui peut nous faire ? Comment dépasser cet aspect contradictoire de la notion de reproche ? Voilà pour l’essentiel ce que l’introduction devait dégager afin de rendre possible la...
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