Peut on parler dune disparition de la classe ouvriere

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  • Publié le : 24 février 2010
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L’ENFANT DANS LA SOCIETE MODERNE

La place de l'enfant dans la famille aujourd'hui.

Un statut qui change.

Les modifications du lien social auxquelles nous assistons ont non seulement entraîné une modification de la première unité sociale à laquelle a affaire un enfant lors de son arrivée dans le monde, la famille, mais aussi une modification de la place même qu'il occupe ausein de cette famille. Jusqu'à il y a encore peu de temps, la famille n'était pas seulement un champ privé ; elle était le premier lieu où se préparait pour le futur sujet à l'accession de la société dont il faisait déjà partie .C'est cette fonction de socialisation, d'humanisation, qui nécessite pour ce faire d'apprendre à l'enfant, à consentir à une perte de jouissance, au manque inéluctablequ'entraîne notre condition d'êtres-parlants, que la famille d'aujourd'hui a de plus en plus de mal à réaliser. L'arrivée de l'enfant ne va plus de soi, il n'est plus l'enfant que la petite fille attendait de toujours, de cette petite fille qui disait quand je serai grande, je me marierai et j'aurai des enfants.
Aujourd'hui, il est l'enfant désiré ou plutôt l'enfant voulu, voulu ou pas voulu, voulu àun moment précis, voulu surtout non pour la société mais pour soi, en un mot, il est l'enfant programmé qui se doit donc d'arriver au moment où il est attendu, dès sa naissance il est considéré d'emblée comme un sujet à part entière au même titre que les autres membres de la famille et de la société.
Ce sont les effets conjugués de cet enfant voulu pour soi et conçu d'emblée comme sujet qui ontmodifié l'éducation qu'il recevra de cette même famille. Dans nos sociétés occidentales, ce mouvement s'est d'autant plus accentué que l'enfant est devenu de plus en plus souvent l'enfant unique et donc surinvesti et hyper protégé. On le protègera à l'extrême aussi bien de tout microbe que de toute violence qu'elle vienne des parents, des autres enfants ou des enseignants. On le comblera de toutesles manières possibles, aussi bien affectives que matérielles, tentant désespérément de le mettre à l'abri du manque pourtant nécessaire parce que fondateur et formateur.
Cet enfant voulu ne pourra plus qu'être l'enfant obligatoirement aimé, toujours aimé et seulement aimé car comment ne pas avoir un devoir d'amour vis-à-vis de l'enfant qu'on a voulu. Mais cela ne pourra se faire qu'au prix durefoulement de toute motion pulsionnelle contraire et d'une immense culpabilité si par hasard une telle motion venait à ressurgir ne serait-ce que de façon fugace. Pour cet enfant, on voudra bien sûr le bonheur, ce qui n'a rien de nouveau me direz-vous : oui, mais il nous faut percevoir que c'est la nature même du bonheur qui a changé. Si les parents voulaient auparavant le bonheur de leur enfant ausein de la société et prenaient la charge de les y préparer au prix de contraintes et d'exigences incontournables, c'est un autre type de bonheur qu'ils veulent maintenant pour leur enfant, un bonheur immédiat, constant et éternel — autrefois attendu dans l'au-delà — et surtout réalisé au travers de son épanouissement individuel, sans frustration, contraintes ou vexations qui ne pourraient quevenir l'entraver.

il faudra donc que les parents évitent à l'enfant toute frustration et toute contrainte : il mangera donc quand il a faim, il dormira s'il a sommeil, il sera propre quand il aura décidé de l'être. On fera donc comme si tout cela n'impliquait pas un rythme, donc césures et temporalité, et un apprentissage.
Certes, nous ne pouvons qu'être satisfait que l'on prenne en compteaujourd'hui l'enfant et que l'on soit soucieux de son épanouissement surtout quand on sait combien l'éducation d'antan pouvait être rigide et restrictive, voire même brutale. Mais si, au nom de son épanouissement, les parents en viennent à renoncer à exercer la violence nécessaire que comporte toute éducation, c'est à une autre violence, celle-ci non fondatrice et non formatrice, que les enfants...
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