Peut-on rejeter la philosophie sans philosopher ?

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  • Publié le : 7 août 2011
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Peut-on rejeter la philosophie sans philosopher ?

L’opinion publique porte un jugement très dépréciatif sur la philosophie, la trouvant ennuyeuse, inutile, voire néfaste. Pourtant des philosophes contemporains continuent de réfléchir sur des problèmes fondamentaux énoncés dès le Ve siècle avant Jésus Christ concernant la constitution de l’univers, sa finalité…
Le problème soulevé par cetteopposition est lié à l’intérêt que revêt la philosophie. On se trouve confronté à une alternative : ou bien la philosophie est vide d’intérêt voire condamnable et dans ce cas il nous faut supprimer cette activité de l’esprit, ou bien elle présente un intérêt capital et il faut l’enseigner au plus grand nombre.
Est-il légitime de condamner la philosophie a priori ? Nous est-il possible en tantqu’homme de nous priver de cette activité spirituelle ? Ayant philosophé est-il possible ensuite de juger la philosophie sans intérêt ?

L’opinion porte un jugement très négatif sur la philosophie, jugement qui repose sur un rejet primaire fondé sur des préjugés. Il est souvent reproché à la philosophie d’être trop abstraite, trop éloignée de nos préoccupations immédiates, de n’être qu’une quêtestérile puisque l’histoire de la philosophie ne présente aucun progrès voire d’être néfaste pour l’homme puisqu’elle est une entrave à notre quiétude donc au bonheur .
Bien souvent ces sempiternels reproches sont opposés à un éloges de la science qui en raison du mieux être qu’elle génère via la technologie s’en trouve glorifiée.
D’ailleurs les philosophes reconnaissent eux-mêmes comme Kant quel’histoire de la philosophie ressemble à " un vaste champ de bataille ". En effet on compte autant de philosophies que de philosophes et toutes les théories semblent bien souvent contradictoires. Les philosophies successives se récusent les unes les autres sans construire d’acquis, de certitude.
Ainsi la philosophie semble vide de tout intérêt.
Elle est de plus condamnable puisqu’elle exige uneffort de réflexion, un travail difficile qui s’oppose à notre nature sensible, dont l’objectif est la quête de l’ataraxie, la quiétude, le bonheur.
En constatant de plus que les atrocités commises par l’hitlérisme se voulaient justifiées par une certaine philosophie, celle de Nietzsche en l’occurrence, il nous apparaît ainsi que la philosophie est une quête stérile, qui peut servir à justifierdes atrocités et donc elle semble non seulement inutile, mais de surcroît condamnable.
Nous est-il possible en effet de vivre uniquement avec des opinions ? Nous cherchons non seulement à vivre, mais aussi à vivre bien. Une existence dont le seul objectif résiderait en l’assouvissement de besoins primitifs vaudrait-elle vraiment la peine d’être vécue ?
Cette critique de la philosophie procèded’une méconnaissance de cette discipline. Loin d’être une discipline ennuyeuse, austère dont l’objectif est l’arrachement au sensible, la philosophie se définit étymologiquement comme une quête des connaissances, un recherche de la sagesse. En effet comment pourrait-on ne pas être avide de connaissances ?
Pour Schopenhauer la philosophie naît d’un étonnement face au monde et il est natures des’interroger, ainsi il est dans la nature de l’homme de produire un raisonnement philosophique.
Pour Descartes " l’homme est un animal pensant ", ce qui nous différencie du règne animal est notre raison, condition sine qua non à la réflexion. Ainsi pour se réaliser pleinement, l’home doit se poser naturellement des problèmes philosophiques. C’est le propre de l’homme, la réflexion donne un but ànotre existence. Elle a pour Nietzsche une vocation moins noble mais tout aussi essentielle : nous aider à supporter l’existence.
Elle se distingue d’une science puisque son but n’est pas l’élaboration de lois pour permettre une anticipation toujours plus fiable dans l’exploitation de phénomènes naturels, mais elle en a la rigueur du raisonnement.
La philosophie se distingue aussi de l’art...
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